Après des mois d’attente, j’ai finalement entre les mains l’enveloppe contenant, ce que j’espère être une lettre du réalisateur français François Ozon, en réponse à celle que je lui ai écrite pour lui poser une question qui m’obsède depuis une douzaine d’années: suis-je oui ou non responsable de sa rencontre cinématographique avec l’actrice Ludivine Sagnier?

En fiction, on dit qu’une histoire se doit d’être plausible à défaut d’être réaliste. Je ne sais pas encore si l’histoire que je me suis faite dans ma tête en restera une de fiction ou si elle deviendra une histoire vraie, mais une chose est sûre, elle est plausible. 

L’histoire commence donc à l’hiver 1999 lorsque je participe, avec mes camarades du Cégep, à un échange étudiant nous permettant de faire un voyage en Belgique pour assister au Festival international du film francophone de Namur. Nous étions également les invités d’honneur de la SODEC, ce qui nous permettait un accès VIP à tous les sites, partys, soirées et autres avantages du festival.

Ce ne fût pas une semaine de tout repos avec toutes les mésaventures que notre groupe a connues: éjection d’une auberge de jeunesse, accusation de vol d’oreiller dans une autre, menace de se faire expulser du festival, chicane avec les membres du jury et j’en passe… ça, c’est pour une autre chronique.

Revenons à François, Ludivine et moi.

Donc, chaque matin,  sur le site du festival, on pouvait se procurer un feuillet de 3-4 pages qui résumait les évènements de la veille, qui donnait l’horaire des films à l’affiche et qui avisait des évènements spéciaux et conférences de presse de la journée.  

C’était un must, et tout bon festivalier en faisait la lecture chaque jour.

On y retrouvait également divers articles écrits par des festivaliers qui nous partageaient leurs coups de cœur. En tant que VIP, nous avions le droit d’y participer si l’envie nous prenait.

Un soir, pendant une séance de court-métrage, j’ai la chance de découvrir le film  Acide Animée mettant en vedette une jeune actrice, à l’époque inconnue, du nom de Ludivine Sagnier.

C’est le coup de foudre immédiat. Elle est superbe et son charisme traverse l’écran. De retour à l’auberge de jeunesse après le party de fin de soirée, j’écris un article afin d’être publié dans le feuillet journalier. J’y prédis une longue et fructueuse carrière à cette jeune actrice. J’invite aussi les festivaliers à assister à la seconde représentation du film.

Par le plus pur des hasards, la journée de publication de mon article coïncide avec l’arrivée de François Ozon au festival. Il vient y défendre son second long-métrage, Les Amants Criminels, diffusé la veille et passablement mal reçu par la grande majorité de la salle, mais que moi j’ai adoré.

Bref.

Pendant sa conférence de presse, il  annonce qu’il est rendu à l’étape du casting pour son prochain film, Goutte d’eau sur pierres brûlantes, qui deviendra la première collaboration entre lui et Ludivine.

Donc, si on procède par logique fictionnelle, on peut supposer que le matin de son arrivée au festival, François Ozon s’est procuré le feuillet pour se mettre à jour. Tombant sur mon article, et étant en casting comme il le dira lors de sa conférence de presse il se dit :

« Tiens donc, pourquoi ne pas suivre la recommandation de ce merveilleux journaliste outre-Atlantique qui recommande de découvrir cette Ludivine Sagnier?»

La suite est facile à deviner. Il est, tout comme moi, tombé sous le charme de Ludivine et lui a confié le premier de trois rôles successifs dans Goutte d’eau, 8 femmes et La piscine

Vous êtes d’accord avec moi, non ? Je ne fabule pas. Mon histoire est plausible ?

 

François, et Ludivine m’en doivent une non ?

Bon aller ! Assez chroniqué, ma curiosité a ses limites. Je vais aller ouvrir l’enveloppe.

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