(:« C’était toute une surprise, je ne m'attendais pas à ça », a déclaré avec émotion Rolande Therrien lorsqu’on lui a remis un bouquet de fleurs devant une soixantaine d’enfants pour célébrer les 25 années qu’elle venait de passer au coin des avenues Outremont et Van Horne. (Photo: Alarie Photos)
« C’était toute une surprise, je ne m’attendais pas à ça », a déclaré avec émotion Rolande Therrien lorsqu’on lui a remis un bouquet de fleurs devant une soixantaine d’enfants pour célébrer les 25 années qu’elle venait de passer au coin des avenues Outremont et Van Horne.

Rolande a entamé avec cette rentrée scolaire sa 26e année de brigadière scolaire à surveiller, protéger et aider les enfants à traverser ce carrefour. Fidèle au poste et sans défaillir. « J’aime beaucoup ce travail-là, je ne le dirai jamais assez », insiste Rolande Therrien. « En 1986, j’avais 41 ans, mes enfants étaient grands. J’ai donné mon nom au PDQ 24, et ils m’ont rappelé deux jours après vers le 15 août. Je suis la doyenne des brigadiers. »

« Il faut être là pour les enfants, c’est un coin très dangereux, il y a beaucoup de trafic. Parfois les voitures s’arrêtent aux jambes. Une fois, j’étais avec deux petites filles, elles ont réalisé seulement le lendemain que nous avions toutes les trois sauver nos vies… », se souvient la brigadière. « Il m’arrive de prendre les plaques quand les voitures ne respectent pas la signalisation. D’autres automobilistes coopèrent et reculent quand je leur demande. C’est une surveillance continue pour la sécurité des enfants. »

« Quand les enfants sont accompagnés par des gens que je ne connais pas, je leur demande  »Tu ne me présentes pas la personne qui t’accompagne ? » Les parents m’ont souvent remerciée d’être aussi vigilante. Elle a même aidé certains parents à traverser alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes écoliers.

« À partir de la 2e année, beaucoup de parents laissent leurs enfants aller seuls à l’école, cela les sécurise quand ils savent que je fais la traverse. Je connais tous les enfants. Un jour, un grand garçon s’est arrêté pour me remercier : il avait 2 ans quand il a commencé à traverser. »

« J’aime beaucoup les enfants, et j’aime faire la fête avec les enfants. Je participe à toutes les fêtes, Noël, Saint-Valentin, Mardi gras, Pâques, etc., À l’Halloween, je distribue des sacs de friandises. »

Chaque jour que Dieu fait…

« Mon horaire de quatre heures se répartit en trois tranches : de 7h30 à 8h40, de 11h à 13h puis de 15h à 15h50. Les policiers passent régulièrement sur mon coin de rue pour voir si tout va bien. Chaque matin de semaine, je suis à 7h10 sur mon carrefour. Je vérifie si les feux fonctionnent, si l’espace est propre et s’il n’y a pas d’objets ou de verre brisé. En roulant, ils pourraient devenir des projectiles. Je vérifie aussi les bacs à fleurs pour ne pas laisser de mégots à la vue des enfants. Une fois, j’avais trouvé des seringues! C’est ça, les gens qui aiment leur travail… »

« J’aide aussi à traverser les fillettes de confession israélite qui se rende à leur école de filles, au coin de Ducharme. Au début, elles ne parlaient presque pas, et peu à peu elle remarque le travail que je fais pour elles. »

« Moralement, ça me fait beaucoup de bien tant que la santé et Dieu me le permettent; un jour à la fois, d’année en année. J’ai besoin de ça. Je le dis aux enfants,  »j’ai besoin de vous voir ». »

Pour elle, il n’y a pas de journées difficiles. « J’aime ça l’hiver; quand il y a beaucoup de neige au coin de la rue, ce n’est pas idéal à cause de la visibilité. Les jours de canicule non plus. J’aime moins quand il pleut. Les premières années, les manteaux de pluie n’étaient pas très imperméables », se souvient-elle. Quand elle n’est pas brigadière, Rolande visite des personnes âgées « Je fais leurs commissions. Je fais aussi le tour des garderies pour aborder les consignes de sécurité auprès des enfants.»

Rolande Therrien en 3 questions

- Qui est votre modèle?

Mon boss, le Cdt Desbiens, et ses agents Nadine et Sandy

- Quelle est votre plus grande réalisation?

Mon travail. Je l’aime tellement que si je pouvais recommencer ma vie, je le ferais plus tôt, bien avant.

- Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde?

J’aimerais gagner un petit montant d’argent pour louer une salle et inviter tous les enfants que j’ai traversé depuis le début, même ceux qui sont parents maintenant…

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