Isabelle Bergeron Pour l'athlète cadet de taekwondo, Gabriel Nethersole, les coûts s'élèvent à plus de 5000$ annuellement.

Même dans la catégorie cadet, les coûts rattaché à un sport d’élite peuvent s’élever à 15 000$. Un fardeau financier qui en oblige plus d’un à l’abandon, affirme Mélanie Lacroix, agente de développement au soutien des athlètes à Excellence sportive de l’île de Montréal (ESIM).

«Selon le sport pratiqué, les parents doivent débourser entre 5000 et 15 000$ par année pour leur enfant, même s’il n’est seulement que sur Équipe Québec. C’est épouvantable», reconnaît Mme Lacroix.

Selon une étude effectuée actuellement par l’ESIM, plusieurs sports considérés comme peu coûteux, tels que le waterpolo ou le volleyball, peuvent facilement atteindre les 10 000$ par année.

«La raison est que les compétitions et camps d’entraînement se font souvent à l’étranger», explique Mme Lacroix.

La question financière serait d’ailleurs l’une des causes principales d’abandon chez les sportifs, avec les blessures et la perte d’intérêt.

«Des athlètes quittent leur discipline, car leurs parents n’arrivent pas à payer les Jeux du Québec. Certains sont déjà sur l’équipe nationale, mais étant donné qu’ils n’ont pas les fonds pour se rendre aux camps d’entraînement, ils abandonnent», déplore Mme Lacroix.

Peu d’aide
Il n’existe que peu de programmes de financement pour les athlètes et ils sont plusieurs milliers à tenter, chaque année, d’obtenir une part du gâteau.

«Je me sens seule dans cette situation. Je n’ai pas d’aide du gouvernement ni de l’association. C’est David contre Goliath», s’indigne Chantal Ann Dumas, mère de Gabriel Nethersole, représentant canadien au Championnat du monde cadet de taekwondo.

En 2015, Sport Canada, l’organisme fédéral qui s’occupe du financement des athlètes de haut niveau, a remis 126 000$ à Taekwondo Canada. L’association a distribué les montants auprès de neuf athlètes.

«Nous sommes en année préolympique alors l’argent va chez les seniors, qui sont des espoirs de médailles», explique l’entraîneur de Gabriel Nethersole, Laurent Deteix.

TC Media a tenté de rejoindre Taekwondo Canada, mais en vain.

Programme d’aide
Afin de venir en aide aux athlètes de la relève, ESIM est en train de mettre en place un programme financier pour alléger le fardeau des parents.

Un premier volet accordera un certain montant financier, le second permettra également de mettre en lien des athlètes avec différents parrains qui pourraient les épauler pendant leur carrière.

De plus, l’organisme veut aussi les outiller afin qu’ils puissent trouver davantage de sources de financement. «Nous contribuons à faire leur promotion, par des entrevues, des portes-folio et des capsules vidéo. Nous voulons également aider les jeunes en leur offrant un meilleur encadrement, notamment avec des spécialistes», souligne Mme Lacroix.

Avec ce programme, l’organisation espère pouvoir ainsi diminuer le nombre d’abandons et suivre les athlètes dès les Jeux du Québec.

«Pour le moment, nous avons une vingtaine d’athlètes dans notre projet pilote. Nous espérons en rejoindre 200 rapidement. Nous rêvons de pouvoir détecter les jeunes dès les compétitions provinciales pour ainsi améliorer leur développement», laisse savoir Mme Lacroix.

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