Audrey Gauthier/TC Media Diane Beaudet défend le rôle de commissaire scolaire, comme étant essentiel dans le réseau de l'éducation.

Avec sa réforme de la gouvernance scolaire annoncée cet automne, le ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais veut, notamment, abolir les élections scolaires, au grand dam de la commissaire de Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.

TC Media a rencontré Mme Beaudet à son bureau de la CSDM. Réunion avec des parents pour un projet d’école alternative, assemblée générale de l’école Saint-Clément, échanges de courriels avec ses homologues: sa journée est bien occupée.

«Nous sommes la voix de la communauté. Nous faisons le pont entre les parents, les écoles et la commission scolaire. Mon travail est de trouver des solutions aux problématiques des parents et de répondre aux besoins des élèves», explique Mme Beaudet.

Les détails de la réforme de l’éducation sont encore nébuleux, mais ce qui est clair, c’est que le ministre veut revoir le mode de gestion, notamment en redonnant des pouvoirs aux écoles. Un piège, selon la commissaire.

«On s’occupe des bâtiments excédentaires, des écoles, de l’entretien, des travaux, du transport, etc. Si le gouvernement abolit les commissions scolaires va-t-il donner ces responsabilités aux directions d’écoles? Elles en ont déjà plein les bras. Comment vont-elles faire», demande Mme Beaudet.

Convictions
Diane Beaudet en est à son second mandat en tant que commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve. Ses premières armes en tant que représentante des citoyens au sein de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’ont pas été faciles. L’Hochelagaise est arrivée en poste en 2013, deux ans après la première fermeture d’école de quartier en raison de moisissures. Une expérience qui l’a convaincue de l’importance des commissaires scolaires.

«Nous ne pouvons pas être remplacé par des rubberstamping ou du privé. Nous avons à cœur notre quartier. Nous faisons cet emploi par conviction pour changer les choses et pour la réussite des élèves. L’éducation est la porte de sortie de la pauvreté», affirme Mme Beaudet.

Élection et financement
Une des raisons évoquées pour ce changement de gouvernance est le taux de participation très bas des dernières élections scolaires. À la CSDM, 4,8% des gens ont voté en 2014.

«Les gens ignorent qu’ils peuvent aller voter. Ils pensent que parce qu’ils n’ont pas d’enfant ou qu’ils ne payent pas de taxes scolaires, ils n’ont pas le droit de parole. Mais, c’est faux», souligne Mme Beaudet.

L’autre argument souvent entendu c’est le coût rattaché aux commissions scolaires. Trop cher un commissaire? Non répond Mme Beaudet, rappelant qu’elle reçoit un salaire de 15 000$.

«Facilement, cet emploi peut devenir à temps plein, mais il est impossible de le faire avec le salaire que nous avons», révèle-t-elle.
Plusieurs élus compensent alors avec un second emploi pour réussir à boucler les fins de mois.

«C’est souvent au détriment de la famille ou de sa vie de couple. Il faut avoir de bonnes gardiennes. Malheureusement, nous avons vu beaucoup de séparation reliée à cet emploi», déplore-t-elle.

En attendant le dépôt du projet de loi modifiant la gouvernance scolaire par le ministre Blais, cet automne, Mme Beaudet déclare qu’elle continuera de porter les dossiers des élèves et des parents et n’arrêtera pas de se battre pour la réussite des jeunes.

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