Véritable institution dans le quartier, Bingo Hochelaga a soufflé ses 20 bougies en compagnie de centaines d’amateurs de bingo. Pourtant, il y a quelques mois encore, les gestionnaires ne pensaient pas que leur salle passerait le cap de la vingtaine. Pour survivre, ils veulent créer une coopérative unique en son genre à Montréal.

Il est 19h. Dans la salle de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, le bingo vient de commencer. Les joueurs attablés devant leurs cartes et leurs toutous porte-bonheur, se tiennent prêts à dégainer leurs tampons marqueurs.

Raynald Piperno, cofondateur du Bingo-Hochelaga le reconnaît: «c’est un peu quétaine, mais c’est ça la beauté du Bingo!».

Aux murs, les chiffres s’illuminent sur les lignes B, I, N, G, O à mesure que Daniel, l’animateur vedette, les calls.

«Lui, c’est un bon! C’est un gars qui a des années de service», lâche Francine, dans un éclat de rire. Comme la plupart des participants, celle qui fréquente la salle Bingo Hochelaga depuis son ouverture en 1995, ne raterait pour rien au monde ces soirées auxquelles elle assiste sept jours par semaine depuis qu’elle est à la retraite.
Mais, les passionnées comme Francine se font de plus en plus rares, au point où la salle peine depuis des mois à assurer ses frais de fonctionnement.

La Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, impose aux salles de bingo de reverser 45% de leurs revenus à des organismes communautaires. Mais, avec la baisse de fréquentation, cette réglementation prend les salles à la gorge et menace, par ricochet, la survie de dizaines d’organismes dont les retombées du bingo représentent en moyenne plus d’un tiers du budget, selon les chiffres communiqués par la Société des Établissements de Jeux du Québec.

En 20 ans, Bingo Hochelaga a versé près de 20 M$ à des organismes communautaires.

Une relation gagnant-gagnant
Pour éviter de mettre la clef sous la porte, les gestionnaires de la salle de Bingo Hochelaga ont travaillé main dans la main avec les 11 organismes sans but lucratif (OSBL) qu’ils soutiennent pour donner naissance à une coopérative de solidarité. Une expérience unique à Montréal dont pourraient s’inspirer les autres salles de bingo en voie de disparition.

Conscients des difficultés qu’éprouvent les gestionnaires, les OSBL sont prêts à accepter un pourcentage inférieur à celui que la réglementation exige. « Avec cette coopérative, nous avons proposé à la Régie un partage des coûts et des bénéfices plus viable, et ils ont accepté de ne pas fermer la salle, même si elle était en défaut de paiement », se félicite Roger Marchand, le secrétaire-trésorier de la coopérative de solidarité du Bingo Hochelaga.

La coopérative n’attend plus que le feu vert définitif de la Régie pour prendre la salle en charge au 1er décembre prochain. Un mariage public-privé qui devrait permettre aux amoureux de bingo de profiter de leurs salles pendant de nombreuses années encore.

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