Collaboration spéciale Maude Massicotte s'entraîne avec sa coéquipière, Emmanuelle Millot.

Souffrant de paralysie cérébrale depuis la naissance, Maude Massicotte n’aurait jamais cru possible de voyager en pays tropical. Mais grâce à l’initiative d’un enseignant du Cégep du Vieux-Montréal, elle s’envolera pour les Açores, un archipel aux paysages de rêve à l’ouest du Portugal, pour des randonnées à dos… d’humain.

C’est dans un sac à dos spécifiquement conçu pour les personnes à mobilité réduite qu’elle sera installée lors des randonnées prévues en forêt tropicale par l’enseignant Jean-François Martin pour le stage de ses 10 étudiants de 2e année en éducation spécialisée.

Comme quatre autres personnes en situation de handicap, Maude réalisera un «rêve impossible». TC Media l’a rencontrée, alors qu’elle se prépare avec les autres participants à multiplier les campagnes de financement.

«Je m’apprête à faire un voyage extraordinaire qui n’est pas accessible, normalement», commence-t-elle, la voie enjouée.

Voyage «extrême»
Maude, résidente d’Hochelaga-Maisonneuve, a déjà voyagé dans de nombreuses villes américaines. La joueuse de Powerchair soccer a même pris part à plusieurs compétitions sportives internationales. Mais jamais elle n’avait fait de « voyage extrême » comme celui qui l’attend au mois de juin 2016.

Elle parle avec émotion du dévouement des étudiants qui l’accompagneront. Elle aura besoin d’aide non-seulement pour se déplacer, mais pour des tâches aussi simples que s’habiller et utiliser de la monnaie, rappelle-t-elle, précisant qu’elle n’a aucune dextérité manuelle.

«C’est au-delà d’un stage, c’est au-delà de la générosité des gens. L’implication est énorme. Nous allons tous devoir affronter nos peurs et laisser de côté tous les préjugés», lance-t-elle, admettant que le défi sera de taille, tant pour les porteurs que pour les portés.

Car pour franchir les kilomètres qui les attendent sur cinq jours de randonnées, les 15 participants au projet appelé «Les caravaniers de l’impossible» devront former une équipe solide. Les porteurs échangeront le sac aux 15 minutes, question de ne pas s’épuiser.

«Même moi, si je suis dans le sac, je dois travailler parce que je dois replacer mon bassin, et bien me tenir», indique Maude.

45 kilos sur le dos
La difficulté des randonnées sera tout de même raisonnable, assure l’enseignant, Jean-François Martin. 

«Je suis conscient qu’on aura 45 kilos sur le dos. Je ne m’en vais pas là pour battre des records en montagnes. Je veux partager mes jambes avec des gens qui ne pourraient pas se rendre à ces endroits autrement », explique l’enseignant, dont la conjointe vient des Açores.

L’enseignant, connu pour avoir tourné un documentaire au Pérou avec des jeunes atteints de Trisomie 21, avait besoin d’un nouveau défi.

«J’étais en train de marcher dans un treck en 2008, et je me suis fait la réflexion que les gens en fauteuil roulant ne peuvent pas faire ça… Et à un moment donné, par pur hasard, une étudiante m’a parlé d’une personne à mobilité réduite qui était partie faire un grand voyage avec son chum, qui la portait sur son dos», raconte-t-il.

Après s’être assuré de la faisabilité du projet pour le stage de ses étudiants, il a recruté des participants, dans son réseau et auprès de Kéroul, un organisme qui répertorie les voyages accessibles.

Ils évolueront dans les sentiers des îles, tel les Japonais qui transportaient leurs parents dans un sac en osier, rappelle l’enseignant. Il assure toutefois que le sac fabriqué par Les Ateliers Forest de Québec sera bien plus ergonomique.

En plus des sacs à dos, les participants partiront équipés d’une Joëlette, une chaise munie d’une roue, facile à manier dans les sentiers.

«Ce voyage permet à Maude et aux autres de réaliser un rêve. Souvent, pour eux c’est impossible de partir sans leurs parents dans une telle destination, mais avec un peu d’adaptation, je veux montrer que c’est faisable. Ce que je veux démontrer, c’est l’importance de rendre accessible des randonnées de ce type-là et qu’on puisse y réfléchir.»

Pour réaliser le voyage à coût nul, les participants auront besoin, au total, de 30 000 $. Ils en sont à 3000 $.

Voici une de leurs initiatives pour récolter des fonds : www.gofundme.com/lescaravaniers 

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