Collaboration spéciale Glutenberg vend en Europe, aux États-Unis et convoite l'Amérique du Sud.

Il y a cinq ans, deux amis partaient à la conquête des marchés de la bière avec une idée en tête: faire leur marque avec des produits qui conviendraient aux personnes intolérantes au gluten. Aujourd’hui, leurs bières expérimentales font le tour du monde, et la machine ne cesse de se renouveler.

Julien Niquet et David Cayer, diplômés de l’École de Gestion de l’UQAM ont d’abord débuté avec une production modeste de 16 000 litres, jusqu’à ce que le produit exempt de blé fasse son chemin dans le cœur des québécois et des acheteurs internationaux.

Aujourd’hui, Glutenberg, produit plus de 2 millions de litres de bière par année, et exporte dans 20 états américains ainsi qu’en Europe et convoite l’Amérique du Sud. L’entreprise s’est mérité 5 médailles à la Canadian Brewing Awards et deux médailles à la World Beer Cup en 2016. Leur chiffre d’affaires est maintenant de 5 M$.

Il s’agit de l’une des plus grosses microbrasseries québécoises. À titre comparatif, la brasserie Boréale produit environ 10 millions de litre par année.

«Tu ne sais jamais comment ça va virer. Mais on avait beaucoup d’ambition donc on s’est donné les moyens et on a beaucoup investi» affirme le cofondateur Julien Niquet, rencontré dans les locaux de la rue Dickson, où flotte une légère odeur de houblon.

L’endroit où s’est récemment installé Glutenberg s’étend sur pas moins de 22 000 pieds carrés, où la production et la distribution de bière occupe chaque recoin.

À chaque heure, 5000 canettes sont remplies : blonde, rousse, pale ale américaine et india pale ale sont alors empaquetée pour leur départ vers les 1600 points de vente québécois ou vers le marché international.

La production est d’autant plus intense en cette période estivale, puisque Glutenberg fait environ 60% de ses ventes durant l’été, indique Julien Niquet.

Produit local
Malgré la contrainte du «sans gluten», les Brasseurs sans gluten ont toujours désiré produire une bière au goût recherché, et ce en n’employant que des grains québécois.

«C’est vraiment une fierté pour nous d’utiliser des produits locaux de A à Z, du grain à la bouteille. On choisit nos propres céréales, et ça crée des alcools qui qui ont un goût plus recherché, plus artisanal» –Julien Niquet, cofondateur de Glutenberg

Millet, maïs, quinoa, sarrasin du Québec sont entreposés dans les locaux de la rue Dickson, prêts à être transformés puis dégustés.

Selon le brasseur, rares sont les microbrasseries qui utilisent des grains québécois, pour des raisons financières.

«Ça peut leur coûter 3$ le litre, nous ça nous coute 7$ le litre à produire mais on a choisi nos grains», explique-t-il.

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Plus loin encore
En 2013, les fondateurs, qui avaient le vent dans les voiles, ont également lancé leur propre entreprise de distribution, Transbroue.

Et la machine Glutenberg est loin de s’arrêter. Leurs locaux de Glutenberg et Transbroue leur permettent d’explorer constamment des nouvelles saveurs, affirme M. Niquet, que la conversation anime vivement.

«On fait de la recherche et développement comme des malades. On essaie d’utiliser des ingrédients atypiques, pour attirer la curiosité des gens, et de ressortir des vieilles recettes oubliées», raconte-t-il.

Les profits de l’entreprise de distribution leur permettent la production plus coûteuse de produits spécialisés et le lancement d’une nouvelle microbrasserie, baptisée Oshlag.

«Oshlag fait référence à nos origines autochtones, à l’identité montréalaise et au quartier. Pour l’exportation, il y a une connotation montréalaise et ça se prononce de façon universelle», explique le cofondateur.

Le prochain produit des brasseurs sans gluten à prendre les tablettes est la bière Inca 4%, brassée à partir de maïs bleu et de quinoa. Oshlag produira également une vodka houblonnée, aussi commercialisée prochainement.

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