John Dzafarov vit grâce aux avions privés. Résident de L’Île-des-Sœurs depuis une trentaine d’années, l’homme d’affaires a un parcours atypique. De l’aviation aux énergies vertes en passant par correspondant à la chaîne ABC, l’Insulaire n’est définitivement pas près de la retraite.

Ses lunettes d’aviateur vissées sur la tête, sa petite épinglette dorée en forme d’avion sur le cœur, M. Dzafarov semble sortir tout droit d’un  film d’aventure.

«On me demande toujours si je suis pilote ou combien coûte un jet», lance-t-il à la blague en arrivant au petit café où s’est déroulée l’entrevue.

Fils d’un souffleur de verre de la République tchèque, John arrive tout jeune avec sa famille au Canada. Après des études en commerces à Ottawa, il s’oriente dans un autre domaine.

«Je me suis trouvé des talents de communicateur, alors j’ai fini à McGill en communications», raconte-t-il.

Embauché comme relationniste chez Québec Air, une des premières entreprises québécoises à offrir des vols nolisés dans les années 70, son mandat est de rentabiliser la location de jets privés.

«Je me suis mis à inviter plein de journalistes et de vedettes pour mousser les charters. Ensuite KLM est venue me chercher», explique M. Dzafarov.

Paparazzi
Grâce à son travail avec l’entreprise d’aviation néerlandaise, il rencontre Pierre Salinger, à l’époque attaché de presse pour le président américain John F. Kennedy, qui l’informe que la chaîne américaine ABC est à la recherche d’un correspondant  à Montréal. M. Dzafarov obtient l’emploi.

Pendant dix ans, il court les tapis rouges et couvre tous les événements glamour. Avec l’avènement d’Internet et des nouvelles technologies, le poste est aboli à la fin des années 80.

John retrousse ses manches et retourne vers l’aviation, mais dans le haut de gamme cette fois. Sa première cliente a été nulle autre que l’actrice Halle Berry, alors en tournage dans les studios Mel’s, tout à côté de L’Île-des-Sœurs.

«Un jour, j’appelle René Angélil pour lui proposer d’acheter un jet pour quand il vient à Montréal avec Céline. Il me dit que sa compagnie de disques Sony, leur prête toujours un avion, mais qu’il va demander à son voisin [à Jupiter Island, en Floride], Tiger Woods. Le golfeur venait juste de s’acheter un avion la semaine d’avant», se souvient en riant M. Dzafarov.

Dans ses nombreuses aventures, il s’est rendu dans les Caraïbes, où il fait même la rencontre du président cubain, Fidel Castro.

«Fidel m’a dit qu’il me bâtirait une statue devant le capitolio pour mon apport au tourisme cubain. Ça ne s’est jamais fait à ce que je sache!»

Il a aussi dû trouver in extremis un avion pour Cavalia. L’entreprise devait transporter ses chevaux à l’extérieur du pays pour une de ses nombreuses prestations internationale.

«Il a fallu enlever tous les bancs pour transporter ce précieux cargo.»

Aujourd’hui, en plus de s’occuper de son entreprise de jets privés, John s’implique à titre de vice-président de Gasosy Énergies Canada, une société qui cherche à rendre le combustible des avions plus écologique. M. Dzafarov ne veut toutefois pas développer davantage, puisque de «grosses annonces s’en viennent», soutient-il.

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