Capture d'écran Entre 3000 et 4000 personnes parlent mohawk selon Marc Miller, mais sa déclaration dans cette langue autochtone a touchée plus d'un million de personnes via les médias et les réseaux sociaux.

Pour la première fois dans l’histoire de la législature canadienne, une déclaration a été faite en mohawk à la Chambre des communes. Le geste du secrétaire parlementaire du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Marc Miller, applaudi par ses pairs, a fait le tour du monde.

Le député de Ville-Marie – Le Sud-Ouest – Île-des-Sœurs a mis l’accent sur la problématique de l’extinction des langues autochtones le 1e juin pour lancer le Mois national de l’histoire autochtone.

Pour se préparer à son discours en mohawk, il a commencé en janvier à suivre des cours en ligne. Il a ensuite reçu l’aide de résidents de la réserve de Kahnawake.

«J’ai reçu de nombreux appuis et je remarque à présent des retombées internationales, atteste M. Miller. Je ne m’attendais pas du tout à ça puisque je n’ai fait que poser un geste de respect et d’ouverture».

Plusieurs pays et médias à travers le monde ont salué son initiative qui a aussi inspiré plusieurs de ses collègues. Certains ont même réitéré leur souhait de prononcer un discours en langues cries et dénées lorsque la loi pour protéger et préserver les langues autochtones, déposée en décembre 2015, sera adoptée.

Défi accessible
«Je suis sur un territoire traditionnel mohawk [qui s’étendait de Saint-Jérôme au nord de l’État de New York], a expliqué M. Miller après son intervention. Lors de consultations avec les Premières Nations, des membres me disaient que de la soixantaine de langues autochtones canadiennes, il y en aurait seulement cinq ou six qui vont survivre pour la prochaine génération».

Plusieurs raisons expliquent leur disparition comme la colonisation, la sédentarisation et l’épisode des pensionnats indiens. Celles qui ont le plus de chance de perdurer sont l’inuktitut, les langues cries et celles de la famille athabascane.

«L’une des façons d’assurer la pérennité des cultures autochtones, c’est vraiment d’y associer les langues d’origine. C’est un défi important, qui n’est pas insurmontable et il n’en tient qu’à nous de se doter des moyens nécessaires», insiste le chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Québec/Labrador, Ghislain Picard.

Il est encouragé par les efforts que plusieurs mettent dans l’apprentissage des langues comme huron-wendat et abénaquis qui, il y a à peine dix ou quinze ans, étaient considérées en voie d’extinction.

90 M$
«Les personnes sont là, les outils comme les cours en ligne et les applications sont là. Il faut maintenant leur apporter un appui financier important, soutient M. Miller. On a une enveloppe dédiée de 90 M$ sur les trois prochaines années pour aider les communautés à mettre en valeur leur langue».

Des programmes de sauvegarde d’enseignement, un cursus scolaire qui laisse de la place aux langues autochtones minimalement dans les écoles des réserves et un lieu qui permette de favoriser l’apprentissage sont parmi les mesures supplémentaires souhaitées par le chef Picard.

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