Les Insulaires sont appelés à partager leurs moments significatifs sur une immense murale au rez-de-chaussée du Centre communautaire Elgar. L’exposition «Histoires croisées: Verdun» de l’artiste Emmanuelle Jacques, présentée jusqu’au 11 août, veut ainsi croiser expériences de vie et de ville.

Originaire de la Petite-Patrie, Mme Jacques se rend deux fois par semaine à L’Île-des-Sœurs pour faire évoluer son œuvre participative.

La murale, qui mesure 2 mètres et demi de haut sur 4 mètres de large, est disposée sur le mur de gauche du hall d’entrée du centre Elgar. Délimitant simplement les rives de l’arrondissement de Verdun, l’œuvre s’enrichit au fil des jours grâce aux anecdotes personnelles des Insulaires qui veulent bien se prêter à l’exercice.

«Deux jeunes enfants m’ont parlé de leur cabane dans le boisé. Une famille m’a évoqué les trois oisillons dans le nid de leur balcon. Une jeune fille m’a parlé d’une petite plage avec une statue de Bouddha qui est située dans un parc accessible uniquement par un petit sentier», raconte l’artiste.

Les témoignages sur base volontaire constituent la première étape de la démarche de Mme Jacques, qui s’applique ensuite à mettre en forme la matière recueillie.

Application
À l’aide d’estampes créées par ses soins, Emmanuelle Jacques se fie aux informations communiquées par les Insulaires pour définir sur la murale l’emplacement lié à l’anecdote.

«Mes estampes sont gravées sur des tuiles de caoutchouc que je monte sur des petits blocs de bois, explique l’artiste. Elles forment des icônes qui figurent comme des éléments de la légende d’une carte géographique, tels des tronçons de route ou des bâtiments.»

De la conversation avec les participants, Mme Jacques ressort une phrase récapitulative qui se limite à une petite dizaine de mots rédigés à partir de lettres alphabétiques assemblées au fur et à mesure.

En fonction de l’affluence, le premier jet est réalisé par l’Insulaire et se fait sur une carte de papier, avant d’être reproduit plus tard par l’artiste, sur la murale.

Distorsion
«À mesure que la cartographie va se construire, je suis curieuse de voir si certaines versions vont se contredire, car elles sont beaucoup basées sur la mémoire, souligne Mme Jacques. J’accepte toutes les distorsions que ça peut prendre, car cette carte n’a pas une visée de géolocalisation, mais bien plus une forme de narration liée au territoire».

L’artiste pense éventuellement à faire des vérifications et à mettre des éléments en transparence pour témoigner de l’évolution des lieux. Par exemple, le boisé pourrait être représenté tel qu’il était il y a une dizaine d’années, avant l’arrivée de développements immobiliers qui ont réduit son territoire.

L’arrondissement jusque-là méconnu par Emmanuelle Jacques lui permet de rester neutre face aux récits des Insulaires. Cette exposition est aussi l’occasion de mieux connaître les lieux, avec un point de vue de l’intérieur qui est différent de celui que dispose un simple visiteur.

Emmanuelle Jacques organisera le 13 juillet un atelier de médiation culturelle au cours de laquelle les Insulaires auront l’occasion de compléter la murale.

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