TC Media - Sophie Poisson «Je suis sûr qu'en 10 ans, la ville est capable de devenir complètement cyclable», soutient Pierre Rogué.

Trois à quatre fois par semaine, Pierre Rogué finit sa journée de travail dans l’arrondissement de Ville-Marie avec une balade à vélo qui le porte jusqu’à L’Ile-des-Sœurs. Entre 20 et 70 kilomètres sont parcourus à chaque virée par ce quadragénaire qui a fondé en 2014 la campagne citoyenne «Une porte une vie» pour lutter contre l’emportiérage.

Q Qu’est-ce qui vous amène à faire du vélo à L’Île-des-Sœurs?
R J’ai mon bureau au centre-ville donc à partir de là, je peux faire pleins de détours pour me rendre à la maison, dans l’arrondissement de Rosemont. Je fais souvent quelques tours sur le circuit Gilles-Villeneuve, puis j’emprunte l’estacade, je circule à L’Île-des-Sœurs et je fais quelques côtes dans Westmount.

Q Quel regard portez-vous sur les pistes cyclables de L’Île-des-Sœurs?
R C’est principalement la route verte. Donc, il y a une très bonne surveillance de Vélo Québec. Les routes sont très agréables et surtout très calmes. C’est sûr que ce n’est pas à L’Île-des-Sœurs où l’on va commencer à faire de la vitesse. Avec la piste multifonctionnelle, les gens marchent sur la même bande que les vélos alors il faut faire attention et tout se passe très bien.

J’aime vraiment les traverses de rues où la priorité est donnée aux vélos et aux piétons, avec les voitures qui s’arrêtent pour nous laisser passer. C’est le seul endroit que je connaisse en ville où c’est à ce point respecté. Il y a aussi beaucoup de sens giratoires qui permettent une gestion des flux plus intéressante que des stops aux quatre coins.

Le gros défaut est que les directions sont très mal indiquées. Je connais vraiment bien L’Île-des-Sœurs, mais je me perds à chaque fois si je ne prête pas une attention particulière.

Q Est-ce que se rendre au travail en vélo nécessite que l’employeur installe un équipement approprié?
R J’ai tout ce qui faut au travail: 80 places pour stationner son vélo, des tuyaux d’arrosage pour retirer le sel de la mécanique en hiver, des vestiaires et des douches. Ce n’est pas partout comme ça, mais chaque entreprise devrait avoir un stationnement à vélos et donner des indemnités de déplacement en transports actifs. Par exemple, 25 cents par kilomètre.

Q Quels sont les changements que vous souhaiteriez pour les cyclistes?
R Il y a des normes de pratiques prévues par le National Association of City Transportation Officials (NATCO) auxquelles la métropole adhère, mais sans les mettre en œuvre. On devrait avoir des pistes cyclables unidirectionnelles. On pourrait aussi supprimer le stationnement sur artère parce que c’est de l’espace public qui est prévu pour circuler et ça nuit à la sécurité des gens, notamment avec les zones de portières.
Pour moi, toutes les rues résidentielles à sens unique devraient être des vélo-rues puisque de toute façon elles ne sont pas assez larges pour permettre un dépassement légal d’un mètre.

Il faudrait que la Ville se dote d’un bureau de transports actifs indépendant qui soit consulté sur tous les projets d’infrastructures routières de manière à intégrer le concept vision zéro. La Ville s’est engagée là-dedans, mais je crois qu’elle ne comprend pas bien l’idée. Il s’agit de penser d’abord à des aménagements pour les piétons, puis intégrer le vélo et en dernier lieu, se concentrer sur l’automobile.

Toutes les solutions sont connues, mais on n’a pas des politiques volontaires.

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