Gracieuseté - Jean-François LeBlanc Le photographe Jean-François LeBlanc, qui a créé l'Agence Stock Photo à Montréal en 1987, expose ses clichés de fin de siècle au Centre communautaire Elgar.

Les Insulaires peuvent découvrir dans le hall d’entrée du Centre communautaire Elgar l’exposition de Jean-François LeBlanc, intitulée «Les Montréalais, portrait d’une fin de siècle». La quarantaine de clichés, sur la centaine que comprend la série argentique (photographie sur pellicule) prise entre les années 1984 et 1998, ont été développés en noir en blanc.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le fait de pouvoir exposer vos photos?
C’est très important de ne pas faire des photos pour nous, que l’on garderait dans notre ordinateur ou notre tiroir. Il faut les diffuser parce que l’on pense que ça vaut la peine que les autres les voient, ça donne de l’information et ça peut changer la vision du monde.

Quel regard portiez-vous sur Montréal à la fin du siècle?
Quand je photographie un événement, la vue ou des gens, j’essaye de trouver un angle parfois comique. J’aime beaucoup cette approche-là. Ce n’est pas pour rire des gens, mais montrer des situations drôles ou qui peuvent faire sourire. Se regarder soi-même, c’est important et «si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand chose». Il y a donc un côté humoristique dans plusieurs de mes images que j’affectionne. Par exemple, il y a celle du cheval qui nous regarde lors d’un rodéo à Montréal et je trouve qu’elle fait un peu bande dessinée de Lucky Luke.

Quels sont les moments que vous avez choisi de mettre en avant?
Il y a des photos qui relatent des événements historiques, mais aussi des moments de la vie publique, comme des gens dans des parcs. Cette exposition est un peu un cri du cœur, la démonstration que ces images doivent être faites et qu’elles nous apprennent des choses.
Depuis quelques années, il y a beaucoup de réticence quand on fait des photos des gens dans la rue. C’est malheureux, car ça empêche les photographes de s’exprimer par rapport à la société et à la vie urbaine. On est en train de menacer ce genre de photographies par ce que l’on appelle le droit à l’image. C’est bien beau, mais ça a ses limites parce qu’il y a le droit à l’information aussi qui est important et le droit à l’expression des artistes.

Comment faites-vous le lien entre vos photos et la situation actuelle?
On ne peut pas trouver un passé plus récent que ça. Je ne pourrais pas faire la même exposition avec des photos de 2010, car il n’y aurait pas cette distance et ça ressemblerait trop à notre vie contemporaine. Tandis que ces images, on peut dire que c’est du passé, mais en même temps, c’est tellement près de notre vie actuelle que c’est ambivalent.
Ce qui crée cette distance-là, c’est aussi le médium comme tel, avec la photographie en noir et blanc argentique. C’est du film alors qu’à partir des années 2000, c’est du numérique surtout. C’est un moment charnière dans l’histoire de la photographie où l’on passe d’un mode qui est chimique à un mode électronique et ça paraît dans les images. On sent le grain, une certaine imprécision par rapport à ce que l’on peut avoir aujourd’hui et en même temps un peu plus de poésie.

L’exposition «Les Montréalais, portrait d’une fin de siècle» est disponible jusqu’au 1er décembre au Centre communautaire Elgar (260 Rue Elgar).

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