Isabelle Bergeron photographe Les élèves de 6e année de la classe d'Anne Petit étaient emballés à l'idée de s'occuper de Piu Piu, le seul poussin éclos de la douzaine d'œufs de leur couveuse.

L’excitation était à son comble la semaine dernière dans la classe d’Anne Petit, alors que les élèves de 6e année de l’école des Marguerite attendaient impatiemment l’éclosion de leur premier œuf. Cette activité scientifique étend les apprentissages du développement du vivant bien au-delà du programme d’enseignement, pour le plus grand plaisir de tous.

 

 

Piu Piu a donné son premier coup de bec le mardi 13 mars. Le poussin est toutefois né prématurément. Certains élèvent ont donc construit un incubateur en suivant des instructions trouvées sur Internet.

«C’est notre service de néonatalité», s’exclame Mme Petit, fière de l’initiative de ses élèves, qui ont développé leur sens de la responsabilité.
Malheureusement, Piu Piu n’a pas survécu, subissant un arrêt cardiaque dimanche soir. L’enseignante en a profité pour aborder le deuil et relier l’expérience au programme d’éthique et de culture.

Aucun des 11 autres œufs de la couveuse ne s’est développé.

Mieux qu’un cahier

Mme Anne voulait faire changement de la lecture et des exercices dans les cahiers, trop limités selon elle. L’enseignante a donc décidé d’entreprendre une expérience simple, mais enrichissante, respectant toutes les étapes d’une démarche scientifique, avec de réels êtres vivants pour impliquer davantage sa classe.

«C’est des sciences pour vrai, explique-t-elle. On est allé chercher l’information, on a observé, testé et acheté le matériel.»

En plus du développement animal, les élèves ont eu recours à des notions de mathématique et de résolution de problème, par exemple pour calculer les taxes des matériaux à acheter. «Ça permet de lier les disciplines», ajoute Mme Petit.

Elle a notamment pu introduire quelques notions sur l’éducation à la sexualité en abordant la fécondation des œufs, en faisant la différence avec ceux qu’on peut se procurer à l’épicerie.

Deuxième tentative

Même si la première expérience n’a pas été concluante, la classe de Mme Anne a tellement aimé l’expérience qu’une deuxième tentative sera entreprise après le congé de Pâques.

Souhaitons qu’à ce moment, les élèves pourront observer la métamorphose de leurs oisillons, passant de la transformation du duvet à l’apparition des plumes, jusqu’à la formation de la crête qui déterminera s’il s’agit de mâles ou de femelles.

Esprit critique

D’une manière plus globale, la culture scientifique peut emmener les élèves à être des citoyens avisés, capables de prendre des décisions selon la chargée de projet de l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec (AESTQ). Marie-Claude Nicole. «Après ça, ils sont capables, quand ils lisent le journal, d’avoir un esprit critique», affirme-t-elle.

Le lien d’attachement avec un sujet d’étude apporte aussi un sentiment d’appartenance favorisant l’assimilation d’informations et l’engagement des élèves tout en améliorant la qualité de l’ambiance en classe.

«Dans leurs interactions, ils se découvrent autrement. Ça leur permet de partager», illustre l’enseignante Mme Anne.

Unie par la responsabilité commune de prendre soin des poussins, chacun des jeunes a hâte de remettre une douzaine d’œufs dans leur couveuse, bien présente même si elle se trouve dans le fond de leur classe.

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