(Source : stock.xchng)

Au moment d’écrire ces lignes, on ignorait encore la teneur précise des mesures que le gouvernement Marois voudra faire adopter, mais il semble que l’on voudra sanctionner les agissements de certains élus municipaux. C’est du moins ce que laissent présager les propos qu’ont tenus plusieurs ministres péquistes, au cours des derniers jours.

Avec ce que l’on a pu voir et entendre aux audiences de la commission Charbonneau, Pauline Marois a le beau jeu pour se donner les outils requis pour lutter contre la corruption dans le secteur de l’administration municipale. L’opinion publique semble prête à accepter des mesures radicales à l’endroit des élus municipaux et pour un gouvernement qui est en mode préélectoral, c’est une stratégie qui pourrait être payante.

En réponse à une question posée par La Presse, 88% des répondants ont exprimé leur accord pour que le gouvernement puisse suspendre un maire qui fait l’objet d’accusations criminelles touchant directement ses fonctions. Ce sondage n’était vraisemblablement pas scientifique, mais il témoigne néanmoins d’un point de vue fort répandu au sein de la population.

Sauf erreur, le seul maire sur lequel portent actuellement des accusations criminelles reliées à ses fonctions est le maire de Mascouche, Richard Marcotte. On pourrait vraisemblablement rédiger une loi qui permettrait de le suspendre de ses fonctions, mais est-ce que cela éliminerait les risques de collusion et de corruption dans l’ensemble des administrations municipales? D’ailleurs, à ce que je sache, le maire Marcotte n’a pas été reconnu coupable et il bénéficie de la présomption d’innocence. Si, au terme de son procès, on constate que les accusations reposaient sur des erreurs ou de faux témoignages, on serait sans doute forcé de le rétablir dans ses fonctions. Mais qui devrait assumer le coût des compensations que ce maire serait en droit de réclamer pour les préjudices qu’il a subis? Poser la question, c’est y répondre…

Je n’arrive pas à me convaincre que le gouvernement se contentera de «punir» quelques maires présumés fautifs alors que la collusion et la corruption ont étendu leur emprise sur toutes les sphères de l’administration publique. C’est pourtant ce qu’on peut déduire des commentaires exprimés au cours des derniers jours et rapportés par les médias.

Comme ce texte a été rédigé avant le discours inaugural de la première ministre, je m’inquiète peut-être à tort. Le gouvernement avait promis d’assainir le processus d’octroi des contrats publics et il a l’appui de la population pour donner suite à cet engagement. Il faut espérer que son «grand ménage» ne se limitera pas à un petit coup de balai dans un coin bien ciblé de l’édifice gouvernemental.

 

 

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