Selon certains rapports, les citoyens de Montréal auraient payé entre 30% et 40% en trop pour leurs infrastructures publiques. Et quand on sait que ces arnaques ont duré pendant plusieurs années, cela représente des sommes considérables.

Je ne suis pas le seul à soutenir que plus une ville est grande, plus la magouille et la collusion peuvent facilement s’y ériger en système. Les petites agglomérations ne sont pas à l’abri de ces malversations, mais au moins, les élus peuvent suivre les choses de plus près. Dans une ville de moindre envergure, le maire côtoie régulièrement les chefs de services et les cadres; il peut les questionner et obtenir des réponses. Les citoyens peuvent aussi communiquer plus facilement avec leurs élus et leur faire part de leurs préoccupations.

Par contre, comment le maire ou les conseillers pourraient-ils efficacement contrôler toutes les magouilles qui peuvent survenir dans une ville de l’ampleur de Montréal? On y dénombre près de 30 000 employés, dont un grand nombre de cadres et de chefs de service et je me demande comment les élus pourraient s’assurer de l’intégrité de chacun d’eux. Et il ne faudrait pas croire que les personnages que la commission Charbonneau a présentés, dans ses vidéos, sont de ceux qui acceptent facilement que l’on contrecarre leurs plans…

Je pense toutefois qu’il est utopique d’envisager le démembrement de la ville de Montréal. Dans cette structure difficilement gouvernable, est-ce que l’arrivée d’un nouveau maire pourrait corriger tous les problèmes qui affectent la plus grande ville du Québec?

Certaines personnes en sont convaincues et les noms de plusieurs personnages connus ont été avancés par les médias pour prendre la relève du maire Tremblay. La plupart de ceux-ci ont catégoriquement rejeté cette possibilité.

Le député Denis Coderre semble être le seul «nouveau venu» à manifester de l’intérêt pour un tel mandat. Son défi ne sera pas facile, car il devra s’entourer de personnes dont la réputation n’aura pas été entachée par les déclarations de l’un ou l’autre des «repentis» qui viennent chercher l’absolution devant la commission Charbonneau.

Cela ne semble pas préoccuper Denis Coderre, car il laisse entendre qu’il pourrait être un maire indépendant autour de qui se rallieraient ceux et celles qui partagent ses idées. Quel pouvoir aura-t-il si la majorité des conseillers élus par la population appartiennent à une formation qui s’oppose au nouveau maire? Ce n’est pas un scénario improbable, dans un contexte ou les chefs de Vision Montréal et de Projet Montréal semblent déterminés à se faire élire, avec leurs candidats.

D’autre part, M. Coderre a laissé entrevoir certaines approches qui permettraient d’enrayer la collusion et la corruption. Il demeure toutefois assez imprécis et cela est bien normal, car il n’a pas encore confirmé sa candidature à la mairie.

La candidature de Denis Coderre soulève bien d’autres questions et il est à souhaiter qu’il commencera bientôt à y répondre. Il est vrai qu’il reste encore presque un an avant le prochain scrutin municipal, mais devant l’ampleur des défis que le nouveau maire aura à relever, il n’est certainement pas trop tôt pour qu’il fasse connaître les modalités de son plan d’action.

 

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