Lorsque les étudiants ont choisi de débrayer pour protester contre les hausses des droits de scolarité, j’étais perplexe et changeait constamment d’idée à ce sujet. J’ai donc d’abord choisi de ne rien écrire sur la question.

Douze semaines et d’innombrables querelles sur Twitter et Facebook plus tard, je ne suis toujours pas convaincue de quoi que ce soit et je ne suis même plus sûre si les droits de scolarité sont encore au cœur de la question. Ce dont je suis cependant convaincue c’est que trop d’intervenants ont perdu toute capacité de débattre de la question.

Nous avons grandement besoin de développer un sens plus critique et le journalisme subjectif et unidirectionnel doit cesser et cela concerne autant ceux qui sont «pour» que ceux qui sont «contre» la question débattue.

L’esprit critique permet une ouverture sur toutes les alternatives possibles. Quand on refuse de mettre à l’épreuve ses opinions et que l’on demeure campé sur ses positions, l’on entre alors dans le dogmatisme.

Ce qui se passe actuellement m’afflige au plus haut point. Les étudiants se révoltent contre des hausses de droits de scolarité qu’ils considèrent outrageusement élevées (alors que d’autres les estiment raisonnables) et se heurtent à un premier ministre arrogant qui préfèrent lancer des blagues de mauvais goût plutôt que de faire preuve de leadership. Maintenant que le mouvement de protestation semble avoir pris une tournure plus généraliste, les manifestations sont devenues violentes et ont été récupérées par des éléments radicaux et anarchistes qui ne sont pas là pour les bonnes raisons et nuisent, somme toute, à la cause étudiante.

Pendant que les violences éclatent, le porte-parole de la CLASSE,   Gabriel Nadeau-Dubois affirme : «Je n’ai pas le pouvoir d’appeler au calme; ce n’est pas mon rôle.»

T’as justement besoin d’un petit cours de démocratie et de responsabilité civile, Gabriel. Si tu n’as pas le pouvoir d’appeler les étudiants au calme, comment peux-tu alors avoir le pouvoir de négocier avec le gouvernement en leur nom ?

Les parties en litige affichent de graves lacunes en termes de responsabilités civiles. Le gouvernement n’affiche aucun leadership, les étudiants ne semblent aucunement vouloir atteindre un terrain d’entente et la police réagit de manière excessive face à des manifestants majoritairement pacifiques, à l’exception de certains éléments radicaux.

Mais là où l’on atteint le comble du manque de sens critique est lorsque que l’on compare le Québec à un état fasciste. Quand on affuble les présentes manifestations de noms comme le «printemps québécois» ou le «printemps de l’érable», c’est carrément insultant envers le vrai printemps arabe durant lequel des milliers de personnes ont risqué leur vie au Moyen-Orient et continuent de tomber au combat en Syrie.

Les mots, les expressions et les symboles continuent à être utilisés à l’emporte-pièce sans que l’on comprenne leur véritable sens.

La vérité ici est que l’on peut participer à une manifestation au centre-ville de Montréal, recevoir par la tête du gaz lacrymogène (après plusieurs avertissements de la police), puis rentrer chez soi en sachant fort bien que notre vie n’est pas en danger. Vous risquez fort peu, à part rater votre session académique.

Mais appeler Montréal une «zone de guerre» est de ne pas savoir de quoi l’on parle. Surtout lorsqu’après votre manifestation, un lit douillet vous attend à la maison ou une bière au bar du coin pour discuter avec enthousiasme de cette dangereuse révolution à laquelle vous participez. C’est ridicule.

Je crois que les étudiants ont le droit de protester contre les hausses des droits de scolarité. C’est leur droit et c’est dans leur intérêt. Mais c’est aussi la responsabilité d’un gouvernement démocratiquement élu de prendre des décisions et de les appliquer. Si vous n’êtes pas d’accord avec vos élus, vous pouvez les congédier aux prochaines élections. C’est l’avantage de vivre dans un régime qui n’est PAS policier.

Oui, l’administration publique actuelle est dans un piètre état et je comprends les jeunes de s’en sentir exclus. Mais on ne guérit pas le mal par le mal.

 

 

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