À coups de sondage, les grands médias interprètent l’opinion du public. Le vrai pouls de la population, on ne l’aura que lors du prochain scrutin électoral et je pense que ce sera le seul moyen de mettre fin au conflit actuel.

Un mot d’abord sur les sondages supposément contradictoires qu’on a réalisés, au cours des derniers jours. En fait, sur le point le plus important de la loi 78, les sondages donnent des résultats similaires. Les deux coups de sonde révèlent que les Québécois sont majoritairement favorables à ce que les responsables des manifestations en dévoilent, huit heures à l’avance, la date, l’heure, la durée, le lieu ainsi que l’itinéraire. Le sondage Léger & Léger (Journal de Montréal) démontre un appui de 61% à cet aspect de la loi, alors que celui de Crop, réalisé pour La Presse, lui donnait un appui de 66%.

Au fond, peu m’importent les résultats de ces deux sondages. Jour après jour, depuis plus de trois mois, la population doit subir des débordements inacceptables par toute société qui se veut respectueuse de la paix sociale. Je n’exagère pas quand j’affirme que chaque manifestation prive des milliers de citoyens de droits essentiels. L’accès à des soins de santé, au travail, aux déplacements est compromis à chaque fois que l’on envahit les rues. Le transport en commun est perturbé sinon complètement paralysé, des commerçants sont forcés de fermer leurs portes, des places d’affaires sont vandalisées, des policiers sont injuriés, blessés…

Le gouvernement a-t-il trouvé la bonne formule pour mettre fin à ces chambardements inacceptables? Il semble bien que non. Il est peut-être un peu tôt pour tirer cette conclusion, mais je ne crois pas que les «dents» de la nouvelle loi sont suffisamment incisives. Et pourtant, selon le sondage Léger & Léger, les amendes que l’on peut imposer aux contrevenants seraient trop sévères! Allez y comprendre quelque chose: la loi est nécessaire, mais il ne faudrait pas prendre les mesures requises pour la faire respecter!

De nombreux citoyens implorent le gouvernement de négocier avec les étudiants. Même si, par principe, je suis opposé à la reddition des élus devant des protestataires, je serais prêt à endosser cette approche, si je croyais qu’elle peut mettre fin à la crise actuelle. Malheureusement, je suis convaincu que cela ne fonctionnera pas. Même si le gouvernement parvenait à s’entendre avec leurs leaders les plus modérés, il restera toujours des dizaines de milliers d’étudiants plus radicaux qui continueront de réclamer le gel ou même la gratuité. Et ils pourront toujours compter sur l’appui du PQ, du QS, des artistes et d’une bonne partie de la population.

La seule option qui a quelque chance de succès, à mon avis, est le déclenchement d’une élection. Et cela devrait se faire le plus tôt possible, même si cela suppose une campagne électorale en plein été. Certains diront que ce vote ne pourra être tenu de façon sereine, étant donné le climat qui règne présentement. C’est vrai, mais quand toute autre approche est inefficace pour faire respecter les lois, les décideurs doivent obtenir, dans les meilleurs délais, un mandat clair de la population.

Si, à l’issue de ce scrutin, c’est la CAQ ou le PLQ qui remporte la victoire, l’un ou l’autre pourra appliquer les politiques qu’il a énoncées à l’égard de la hausse des frais de scolarité et de la paix sociale. Si c’est le PQ qui prend le pouvoir, ce parti n’aura qu’à donner suite aux promesses qu’il a faites aux étudiants et ceux-ci seraient mal venus de s’y opposer.

Il reste qu’après avoir fait reculer un gouvernement sur un enjeu auquel il tenait, les étudiants ou d’autres groupes de pression seront probablement tentés de s’attaquer à une nouvelle cause. C’est un risque qu’il faut encourir en espérant qu’au lendemain d’un scrutin, les gérants d’estrade auront au moins la décence de soutenir les élus nouvellement mandatés.

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