Le développement domiciliaire est souvent pointé du doigt pour expliquer la surpopulation de l’école primaire Île-des-Soeurs. Ce n’est pourtant pas ce que démontre l’étude réalisée par les démographes Norbert Robitaille et Rémi Ouellet, dans le rapport qu’ils ont déposé en septembre 2011.

«Nous concluons donc que l’hypothèse des nouveaux logements n’explique vraisemblablement pas l’augmentation entre 2006 et 2011 de la population scolaire primaire, et ne peut conséquemment être utilisée dans une projection de cette même population,» peut-on lire dans la dernière page de leur document.

Dans leur analyse, les démographes expliquent comment ils en sont arrivés à cette conclusion. Ils ont établi que les trois quarts de l’accroissement total des stocks d’élèves (entre 2006 et 2011) étaient concentrés dans quatre secteurs bien délimités et qu’un seul de ceux-ci avait connu des constructions de logements durant la période étudiée. «Les trois autres AD (zones) ont donc vu leur population scolaire augmenter de manière fulgurante, sans que les nouveaux logements ne soient en cause,» peut-on lire en page 3 du rapport.

Les sceptiques pourraient d’ailleurs facilement vérifier par eux-mêmes le bien-fondé de cette analyse. Il leur suffirait de s’informer du nombre d’enfants d’âge scolaire primaire qui habitent dans les plus récentes tours habitées de l’île, les Sommets I à IV et les Vistal I et II. Je serais fort étonné si le pourcentage d’enfants de ce groupe d’âge, dans l’ensemble de ces logements, dépasse le 2%.

La construction de tours est donc un facteur très négligeable dans l’augmentation de la population scolaire. On voit bien que c’est ailleurs qu’il faut chercher la cause de l’augmentation phénoménale du nombre d’élèves. Et c’est à cette conclusion qu’arrivent les démographes qui ont préparé ce rapport.

Quelles qu’en soient les causes, il reste qu’il n’y a plus assez de places, dans l’école actuelle, pour accueillir tous les élèves. Si on ne trouve pas de solutions prochainement, le transport d’enfants vers des écoles de la «terre ferme» sera inévitable.

Dans ce contexte, la rencontre entre la CSMB, le député Gautrin et l’arrondissement, le 20 avril prochain, sera très importante. J’ose croire qu’on en profitera pour faire le point et écarter définitivement les options qui n’ont aucune chance de succès.

On sait déjà qu’à défaut d’une intervention gouvernementale, il faut oublier le site du parc de la Fontaine pour la construction d’une nouvelle école. Si des promoteurs ont d’autres options sérieuses à proposer, qu’il le fasse savoir.

À mon avis, l’option de nouveaux locaux, près de l’école actuelle, demeure la chance qui ait des chances de pouvoir se concrétiser dans les délais requis. Au lieu d’en faire une école gigantesque, ne pourrait-on pas subdiviser celle-ci en deux ou trois unités distinctes reliées au gymnase et aux autres équipements communs?

Certains s’inquiètent de la concentration d’un grand nombre de jeunes enfants, dans ce secteur. Ils évoquent des scénarios catastrophes comme une épidémie ou un grave incendie. À ce compte, il faudrait aussi fermer l’Hôpital Ste-Justine!

Avant de rejeter définitivement l’option du site Elgar, les parents et les enseignants devraient peut-être considérer objectivement toutes les possibilités qu’offre cet emplacement. Le temps presse, cependant, et il appartient aux élus-décideurs de cesser de tourner en rond et de définir rapidement leur projet.

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