Pour justifier les conséquences déplorables de leurs manifestations, les étudiants invoquent leur droit à la liberté d’expression. Mais qu’en est-il des prérogatives de ceux qui ne partagent pas l’opinion de ces «grévistes»?

Au nom de la liberté d’expression, on peut paralyser la circulation, empêcher les gens de se rendre à leur travail, chez le médecin, à l’hôpital. Et tout cela se fait avec l’approbation des autorités.

Lors de la manifestation de jeudi dernier, les étudiants ont pu bloquer entièrement des voies de circulation, à l’heure de pointe, au cœur de Montréal. De l’aveu même des policiers, ces manifestants avaient refusé de faire connaître le parcours qu’ils allaient emprunter. Et on leur a quand même accordé un permis!

Ne vient-il pas à l’idée de nos braves «autorités» que des milliers d’étudiants qui circulent à pied, dans les rues, cela risque de priver les autres citoyens de leurs propres droits? Je n’arriverai jamais à comprendre pourquoi on permet à certains groupes de prendre des citoyens en otage. Il me semble qu’on s’éloigne beaucoup du droit légitime à faire connaître son point de vue, son opinion.

Les étudiants ne s’en cachent même pas: ils sont convaincus que le gouvernement sera forcé de céder devant leurs pressions. Il faudrait donc, selon cette théorie, que nos élus laissent des groupes de pression leur dicter leur conduite.

On accorde déjà à ces grévistes des tribunes extraordinaires. On en fait des vedettes; on les invite dans les «talk-shows » les plus populaires. Ils peuvent afficher tous les messages qu’ils veulent sur leurs pancartes. On leur octroie de vastes espaces dans les colonnes des grands quotidiens. N’est-ce pas suffisant pour leur permettre de bien faire connaître leurs arguments?

On n’est quand même pas en Lybie ou en Syrie. Les étudiants du Québec ne se battent pas pour du pain, de l’eau ou pour la liberté. Ils veulent seulement conserver un privilège que la société n’a plus les moyens de leur accorder.

La plus grande menace qui guette la liberté d’expression est celle qui consiste à abuser de celle-ci. Dans tous les pays démocratiques, on reconnaît généralement que cette liberté n’a de valeur que si elle s’appuie sur des principes qui protègent les droits de la collectivité. Cet exercice est habituellement encadré par des bornes qui assurent à la collectivité la jouissance de ces mêmes droits. Si ces bornes existent, au Québec, qu’attend-on pour les faire respecter?

Malheureusement, ce n’est pas ce qui risque d’arriver. Encore cette semaine, il y aura d’autres rues de bloquées, d’autres «dérapages». Et il y aura des politiciens opportunistes pour soutenir les responsables de ces perturbations.

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