Gracieuseté Sonia Beauchemin, présidente de Gestion Sovica Inc.

Vivre dans un immeuble en copropriété est un phénomène qui s’est développé au cours des 20 dernières années au Québec. Les défis de gestion qui y sont reliés sont d’autant plus complexes avec l’essor de ce choix de vie toujours grandissant. L’Île-des-Sœurs est une part de marché incontournable dans la copropriété à Montréal. Incluant la zone du centre-ville, elle fait partie des plus importantes mises en chantier en 2013.

La gestion de condo débute avec le défi de vivre en communauté. «Un condo à Montréal ou à l’Île-des-Sœurs est tellement dispendieux au pied carré que les gens se retournent vers la copropriété, explique Chantal Dalpé, présidente de l’Ordre des Administrateurs agréés du Québec (OAAQ). Les acheteurs, c’est sûr qu’ils sont propriétaires, mais ils n’ont pas toujours la compréhension du fait qu’ils vivent en société.»

Les résidents doivent alors faire vivre la copropriété, la maintenir à jour et prévoir un fonds commun en ce sens. De plus en plus de firmes privées se spécialisent en gestion de condo, étant donné l’ampleur du phénomène et les difficultés qui y sont reliées.

«Les gens, souvent pleins de bonne volonté, ne comprennent pas que s’ils prennent une mauvaise décision, ils peuvent être tenus responsables personnellement, ajoute Mme Dalpé. Il y a eu énormément de problèmes et il y a des gens qui peuvent accompagner pour différents services de gestion.»

Profession: gestionnaire de tours

Sonia Beauchemin, présidente de Gestion Sovica Inc. et gestionnaire des complexes Vistal 1 et 2, Sommets II et Zuni, se spécialise dans le démarrage d’immeubles à condo (100 unités et plus) depuis les 8 dernières années.

Selon elle, un des grands défis est de travailler en étroit partenariat avec le c.a. des syndicats de copropriété d’une tour de condos qui l’embauchent, en vue de respecter les règlements retrouvés dans la Déclaration de copropriété. En effet, la cohabitation avec le gestionnaire et les c.a. formés par les résidents n’est pas une mince tâche. Elle observe un manque de gestionnaires professionnels au sein des syndicats de copropriétaires, tous bénévoles.

«La gestion de condo n’est pas aussi simple que l’on pense, explique-t-elle. Ça prend des professionnels, car le budget de fonctionnement pour une tour est d’environ 1 M$ et je dois l’élaborer avec le conseil d’administration.»

De gros mandats

Chaque tour gérée par Sonia Beauchemin est un milieu de vie pour un peu plus de 150 personnes. La gestionnaire, en collaboration avec le c.a., doit s’occuper de la gestion administrative, des employés, du budget, des contrats d’entretien, du service à la clientèle, en plus des états financiers. Les tours haut de gamme pour lesquelles travaille la présidente de Gestion Sovica Inc. comprennent d’importantes infrastructures, notamment un centre sportif, un gym, des bains vapeurs, et des suites d’invités.

Le climat de confiance entre le c.a. et le gestionnaire est primordial, selon Sonia Beauchemin qui reconnaît que certains ajustements devraient être apportés dans la gestion de copropriété.

«Souvent les c.a. se mêlent de la gestion des employés, observe-t-elle. Il faut laisser travailler les gens qu’ils ont embauchés. Le c.a. et le gestionnaire doivent marcher main dans la main: c’est le secret d’une bonne gestion d’immeuble.»

Aussi dans Actualités :

blog comments powered by Disqus