TC Media/Patrick Sicotte Environ 130 commerces ont pignon sur la rue Notre-Dame, à Lachine.

L’augmentation des achats en ligne occasionne de nouveaux défis pour le commerce au détail. Les gens d’affaires font face à des enjeux importants et Lachine, qui compte quelque 200 établissements commerciaux sur ses artères principales, ne fait pas exception.

Au cours des derniers mois, bon nombre d’entreprises établies dans l’arrondissement depuis des décennies tels que le resto-bar Topaze, le Centre nautique Lachine et Georges Le Roi Du Sous-Marin ont été contraints de mettre la clé sous la porte.

Récemment, la Fromagerie Atwater de la rue Notre-Dame, qui compte une vingtaine d’employés, a annoncé qu’elle fermait, évoquant un manque de rentabilité. La clientèle a pu se prévaloir une dernière fois, le 13 août, des fromages, charcuteries et bières de microbrasseries offerts au Marché de Lachine depuis neuf ans.

«On a agrandi trois fois durant cette période. Bien que les Lachinois nous ont encouragés depuis les débuts, ça faisait trois ans que ça stagnait et malheureusement, je devais prendre une décision. Je tourne la page et j’ai d’autres projets en tête», indique le propriétaire et artisan fromager, Gilles Jourdenais, qui a précisé ne pas faire une croix sur Lachine.

Le local ne restera toutefois pas désert longtemps puisqu’un autre commerce en alimentation viendra s’y installer cet automne, a fait savoir le maire, Claude Dauphin.

Gaufrabec, le Café du Marché et les maraîchers demeurent présents.

Responsabilité citoyenne
Face à cette situation, le Regroupement affaires Lachine (RALI), qui rassemble environ 70 entrepreneurs, reste positif.

«On parle souvent des fermetures, mais peu des ouvertures. Dernièrement, des entreprises comme Rona et Avenue 77 ont rénové ou agrandi. Sans compter l’arrivée de Sushi Victoria, le bar L’Hôtel-de-Ville ou le nouveau Tim Hortons que tout le monde attendait depuis longtemps», soutient le président du RALI, Martin Vallée.

Sans rejeter la faute sur personne, il souligne l’importance de privilégier l’achat local. «La perte de la Fromagerie Atwater, c’est triste, mais on devrait s’en souvenir pour ne plus que ça arrive. S’il y a un nouveau commerce, j’espère qu’on va se réveiller et l’encourager. Je pense que c’est entre les mains des citoyens», prévient-il.

S’adapter
Les experts ont observé des changements dans les comportements des consommateurs aux cours des dernières années, avec l’arrivée du commerce électronique. Pour survivre, les entrepreneurs doivent s’adapter à cette réalité.

«Il faut bien connaître sa clientèle, introduire de nouvelles technologies, se repositionner, réinvestir dans les aménagements des magasins. En fin de compte, ce sont les consommateurs qui décident si le commerce fonctionne ou pas», indique Joanne Labrecque, professeure en marketing à HEC Montréal.

Les associations de commerçants jouent aussi un rôle important. «C’est eux souvent qui donnent l’orientation, le positionnement et le soutien. Les artères commerciales ne sont plus juste un lieu de magasinage, d’où l’importance de créer des événements pour les faire découvrir ou redécouvrir», soutient-elle.

Sur le territoire de Lachine, les gens d’affaires peuvent compter sur le soutien du RALI, de l’Association Centre-Ville, de la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal (CCISOM) ainsi que de la Chambre de commerce de l’Ouest-de-l’Île de Montréal (CCOIM).

Soutien aux entreprises
Afin de dynamiser l’économie sur la rue Notre-Dame, l’arrondissement a mis en place le programme renouveau Notre-Dame en 2015, qui existait deux ans plus tôt sous le nom de Notre-Dame Académie.

L’initiative offre du soutien aux entreprises qui s’installent sur l’artère, entre la 6e et la 19e Avenues. Depuis sa création, 11 entreprises ont bénéficié de bourses d’un montant de 30 000$.

Cette année, trois commerçants ont bénéficié de l’initiative de l’arrondissement et de PME MTL West-Island en s’installant sur la rue Notre-Dame, soit la Boutique Ray Enone, L’Oreille musclée et le Bar Hôtel de Ville.

Commerçants de Dorval
Avec de nombreux locaux vacants dans les trois zones commerciales de la Cité, l’association Rues Principales Dorval a récemment interpellé les gens d’affaires afin d’augmenter l’achalandage dans les commerces. Des actions devront être prises sous peu afin de renverser la vapeur.

Pour mieux connaître les habitudes de consommation des résidents de Dorval et des environs, l’association a tenu en mai un sondage sur le web. Offrant davantage de services sur l’avenue Dorval, le chemin Bord-du-Lac et les Jardins Dorval, la Cité aura notamment comme défi d’attirer de nouveaux commerçants comme des restaurants, des commerces d’alimentation et de divertissement.

Les internautes ont également démontré un intérêt pour la mise en place d’événements sur les artères principales. Au cours des prochains mois, Rues Principales Dorval présentera les recommandations qui découlent de cette démarche.

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