Keith McAuliffe/TC Media Le Club de Golf Municipal de Dorval utilise la voie juridique contre l'ADM pour rester ouvert.

La coalition Pour la Sauvegarde des Espaces Verts de Dorval a déposé une demande d’injonction pour empêcher Aéroport de Montréal (ADM) de fermer le Club de Golf Municipal de Dorval pour récupérer les terrains.

La requête sera présentée devant les tribunaux le 17 novembre. L’avocat responsable du projet, Campbell Stuart, présentera ses arguments sur la sauvegarde des espaces verts, mais aussi sur l’utilité du golf comme zone tampon contre le bruit.

ADM, le propriétaire du terrain, veut construire des bâtiments de gestion de la sécurité. «Il y a une nouvelle règlementation requise par le gouvernement fédéral qui exige de faire un point de contrôle. On le fera sur ce terrain avec aussi un accès à la ligne ferroviaire et un centre d’approvisionnement», a confirmé la porte-parole pour l’ADM, Stéphanie Lepage.

Selon la coalition, il s’agirait plutôt d’implanter une zone commerciale et industrielle. «Il y en a partout des compagnies d’entreposage autour de l’aéroport. Ils vont nous enlever un terrain qui sert à revitaliser le sport. La survie du sport dépend de la sauvegarde de ces terrains», prétend l’officiel de golf, Paul Lauzon.

À la mi-janvier, la Cité de Dorval a reçu un avis de non renouvellement du bail, effectif à la fin 2015. Une pétition pour sauvegarder le golf a recueilli jusqu’à maintenant 17 000 signatures.

Activité physique
Les membres veulent aussi préserver leur club de golf pour des raisons de santé physique et psychologique. La plupart viennent marcher et garder la forme. L’avantage de ce terrain de neuf trous est qu’il est d’environ 30 hectares, ce permet d’y faire le tour plus rapidement qu’ailleurs, en près de 2h30.

«Je ne pourrais pas aller à l’autre golf de Dorval parce qu’il est trop escarpé et trop long. Ici, c’est plat, on peut le marcher au complet sans utiliser de voiturette» raconte Kathleen Wilson, membre depuis 1974.

Pour d’autres, c’est plutôt le prix abordable qui les incite à s’y rendre. «Ça me coûte 750$ par année pour jouer du lundi au vendredi. Je viens chaque jour. Si le golf ferme, je n’aurai pas les moyens de me payer d’autres golfs», explique un joueur, ajoutant qu’il sauve aussi sur l’essence à cause de la proximité du terrain.

Environnement
Le maire de Dorval, Edgar Rouleau, s’oppose aussi à la fermeture du golf en raison de son importance environnementale. «C’est surtout la conservation de l’espace vert qui nous importe vraiment. Sur toute la superficie de l’île de Montréal, il n’y a plus beaucoup d’espaces verts, on doit donc se battre pour les garder.»

Par ailleurs, Me Stuart soutient qu’ADM doit se soumettre aux normes. «ADM n’est pas exempte des lois provinciales de zonage, d’usage ou environnementales. La Société est contrainte, par le bail du ministère des Transports, de respecter les lois environnementales et de faire des consultations, mais ADM agit comme s’il n’avait à répondre à personne», a-t-il expliqué.

Zone tampon
Le terrain de golf sert à couper le bruit entre l’aéroport et le secteur résidentiel qui commence à l’avenue Thorncrest. Le quartier est également voisin de l’autoroute 20 et de la gare Pine Beach de VIA Rail.

Pour une des résidentes qui a préféré ne pas être identifiée, le bruit fait partie du quotidien, mais elle espère que l’espace vert sera préservé pour leur mieux-être. «Je ne veux pas qu’ils enlèvent cet espace-là, il y a des arbres et de la pelouse. S’ils décident de fermer le golf, qu’ils nous laisse au moins le parc», précise-t-elle.

Si le juge décide de ne pas entendre la cause en novembre, le Club de Golf Municipal de Dorval devra cesser ses activités à la fin de l’année.

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