Dès qu’un flocon tombe sur les pistes de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, un ballet de pachydermes métalliques se déclenche, à l’insu des voyageurs. Des opérateurs expérimentés déneigent sans répit les 300km de pistes afin de permettre aux avions d’atterrir et de décoller sans problème.

Du 15 novembre à la mi-avril, deux équipes se divisent les 24 heures de chaque journée. En tout, une centaine d’hommes et de femmes ont suivi la formation de quatre à six semaines nécessaire pour pouvoir opérer ces machines surdimensionnées.

«Une gratte de rue, ça mesure un peu plus de deux mètres. Les nôtres atteignent sept mètres. Pour déblayer une piste, six de ces grosses bêtes se suivent, en formation, comme un demi-vol d’immenses outardes», décrit le directeur des infrastructures aéroportuaires, Donald Desrosiers. En tout, la flotte contient 16 déneigeuses à balai, 8 souffleuses et 5 épandeuses à produit dégivrant.

Au total, ce sont 300 km de pistes que les opérateurs doivent entretenir sans répit, jusqu’à ce que le dernier flocon soit tombé. Aussitôt celles-ci nettoyées, l’information est relayée à la tour de contrôle, qui dirigera les avions au bon endroit. Les grattes, elles, se déplaceront vers le prochain secteur à nettoyer. «Notre moyenne, c’est 20 minutes pour déblayer une piste, mais nous tentons continuellement de nous améliorer. Il y a un certain esprit compétitif parmi les opérateurs, même avec les autres aéroports», raconte le directeur.

Quand on demande quelle somme est nécessaire pour réaliser un tel travail en si peu de temps, l’administration de l’aéroport se fait discrète.

Une équipe primée
Puisque Montréal reçoit de nombreux types de précipitations, l’équipe de déneigement de l’aéroport Montréal-Trudeau est souvent sollicitée par d’autres villes pour partager ses connaissances. «Nous ne pouvons pas écrire un livre sur la manière d’effectuer le déneigement, parce que chaque tempête, chaque événement est différent. Mais nous faisons des conférences. Nous avons reçu des représentants de plusieurs villes, dont Londres, Beijing et Francfort», explique M. Desrosiers.

L’équipe de déneigement d’Aéroports de Montréal a d’ailleurs déjà été récompensée pour ses prouesses durant les intempéries. Elle a été nommée Meilleur déneigeur en Amérique du Nord du Balchen-Post Award, en 2001 et en 2008.

Une tempête inoubliable
Donald Desrosiers, qui est en poste depuis 10 ans, se rappelle le 8 mars 2008 comme si c’était hier. Des vents de 100 km/h soufflaient, et environ 35 cm de neige s’étaient accumulés au sol. «J’étais venu porter une boîte de beignes à mon équipe ce soir-là et je suis resté pris avec elle pendant 24 heures. Personne ne pouvait quitter les lieux tellement les routes étaient impraticables», raconte-t-il.

C’est dans ces moments exceptionnels qu’Aéroports de Montréal baisse les bras et cesse ses opérations, lorsque la sécurité des gens est en jeu, que la visibilité est nulle. Pourtant, le lendemain, rien n’y paraissait, et les machines avaient complètement dégagé les pistes.

Il y a aussi eu la crise du verglas de 1998, que M. Desrosiers n’a pas connue en tant que directeur, mais qui est demeurée dans la mémoire collective des opérateurs. «La pluie verglaçante, c’est un cauchemar. Habituellement, nous épandons le dégivrant avant même que ça commence à tomber et nous en ajoutons afin d’éviter que la glace se forme. Durant cette crise, nous avions dû nous avouer vaincus», admet-il.

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