Tout porte à croire que c’est le destin qui a invité une jolie Roumaine à installer sa petite entreprise aux abords de l’autoroute 20, dans le quartier St-Pierre, à Lachine. Avec une main de maître, elle a ensuite conçu et mis au monde le premier café du genre, le Bella Camellia, dans un endroit où les entreprises hésitent souvent à s’installer.

« Je cherchais une place pour ouvrir mon café-pâtisserie depuis un an et je ne trouvais pas. Le copropriétaire de l’édifice est un ami de mon père. Je savais que ce n’était pas le meilleur quartier où investir, mais j’ai étudié l’achalandage et je me suis dit, pourquoi pas », explique Claudia Ionella Baciu, la propriétaire du café Bella Camellia.

Au bout de cinq mois d’efforts, elle a finalement ouvert les portes de l’établissement le 5 mars. Depuis, les gens du quartier semblent ravis de découvrir une oasis de paix au milieu de l’étendue de béton qui les entoure.

« Le désign est exactement comme je l’avais rêvé: rustique. Je l’ai créé de toute pièce. J’ai ma boutique de fleuriste depuis quatre ans, à Anjou, et comme les Roumains aiment avoir des gâteaux avec les fleurs, lors de fêtes ou d’événements, je voulais ouvrir une pâtisserie. J’ai décidé de jumeler mon atelier à un café, et voilà », souligne la jeune femme qui fait, à la main, tous les plats et gâteries qu’elle offre dans la vitrine de son commerce.

Investir à St-Pierre
Bien que le quartier ne soit pas réputé, Mme Baciu estime qu’elle contribuera à rehausser sa valeur en investissant un peu d’elle-même.

« Je crois en la revitalisation, je crois que ces gens aussi ont le droit d’avoir quelque chose de beau, où ils peuvent venir partager du temps entre amis. Je trouve ça beau de les voir entrer toujours avec un sourire » ajoute-t-elle.
Le comité de revitalisation St-Pierre l’a d’ailleurs soutenue dans ses démarches. Certains sont venus faire des travaux, d’autres ont aidé avec la promotion lors de l’ouverture.

« Je ne suis pas de Lachine, mais la plupart de mes employées le sont. C’est important pour moi, elles n’ont pas à se déplacer trop pour venir travailler et en plus, j’aide l’économie locale », confie l’entrepreneure de 32 ans.

Femme de coeur
Le Bella Camellia concorde aussi avec les valeurs du quartier, qui sont d’améliorer tout en préservant ou en restaurant le cachet historique typique aux immeubles en bordure du canal de Lachine. Le 27, avenue St-Pierre, qui a été bâti en 1910, abritait antérieurement une banque, dont le coffre-fort occupe encore le sous-sol de l’établissement.

« J’ai dû tout arracher le plafond suspendu pour retrouver le vieux. J’ai chapardé, avec la permission du propriétaire, les autres locaux pour trouver les mêmes tuiles et boucher les trous dans celui du café », admet Mme Baciu, avec un petit sourire.

La jeune célibataire occupe le plus clair de son temps à travailler, soit près de 80 heures par semaine. Ses deux entreprises, qui portent le même nom, se complètent. Coïncidence, s’il en est une, Bella Camellia est le nom de sa mère, et également celui d’une fleur.

Tout le mobilier fait de bois a été fabriqué par les artisans roumains Andrei et Karina Cojanu, propriétaires de l’Atelier du souvenir, à partir de caisses et de palettes, certaines importées d’Europe. Les assiettes en bois sont aussi leur création.

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