FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA MTL Des danseurs de la troupe Ample Man Danse sur la sculpture.

LaSalle a inauguré dimanche l’œuvre que s’était offerte l’arrondissement pour son 100e anniversaire en 2012. Coûtant près de 650 000$, la construction de béton et de marbre est composée de matériaux qui ont dû parcourir plus de 1000km avant d’être assemblée.

L’œuvre en question se nomme «Au grand dam». D’une longueur de 47 mètres, elle est composée d’un assemblage de dalles de béton et de marbre, qui semble avoir été créé à la suite d’une opération de compression et de dépliage, à l’image d’une débâcle de la banquise.

Les visiteurs peuvent s’y asseoir ou s’y reposer et profiter d’un éclairage à luminosité variable selon le moment de la journée.

Composée de l’agencement d’une quarantaine d’éléments séquentiels, juxtaposés ou inclinés, cette sculpture-paysage évoque aussi les rapides du fleuve en bordure duquel elle est localisée dans le parc des Rapides.

L’artiste Jacques Bilodeau, à l’origine de l’œuvre, affirme qu’il s’agit de sa plus grande œuvre en carrière, qui a mis quatre ans à voir le jour. «Il a fallu plusieurs dessins. Le marbre vient du Vermont et est allé au Lac Saint-Jean pour être amalgamé avec le béton préfabriqué, avant de revenir dans de grandes remorques. Une grue l’a installée, pièce par pièce, avec des angles précis».

Facture
La somme totale déboursée pour l’œuvre d’art est de 645 362 $. Le contrat des artistes se chiffre à un peu plus de 466 000$, alors que celui de d’installation (excavation, fondations, électricité) a été confié à la firme Environnement NRJ pour une somme de près de 180 000 $.

C’est la Ville de Montréal et divers commanditaires qui ont assuré le paiement des coûts reliés à ce projet. Du nombre, l’ex-député Paul Martin, et les commanditaires Développement Dubelle, La Brasserie Labatt, la Caisse Desjardins de LaSalle, le Carrefour Angrignon, les Tours Angrignon et le Bureau des Fêtes du 100<V>e<V> anniversaire de LaSalle.

Réactions mitigées
L’apparition de cette sculpture a suscité de nombreux commentaires sur les médias sociaux quant à l’allure générale de l’œuvre et à la facture y étant reliée.

Un forum familial de Verdun sur Facebook, a d’ailleurs été le site de nombreux échanges entre les utilisateurs.

«Est-ce un chef-d’œuvre tel que les souches en granite sur le mont Royal ? Ça éclaire le ciel pour mieux voir où s’envolent nos taxes. Inconcevable à en avoir mal au cœur. Qui aurait bien pu penser qu’il n’existait pas de meilleure façon de dépenser ces fonds?», lance Catherine Larocque, sur la page Familles de Crawford Park et les environs.

«Attendez de voir le plaisir qu’auront les graffiteurs à taguer et à dessiner sur ces structures blanches. En plus de détruire l’aspect naturel du parc, elle sera illuminée la nuit, pour mieux empêcher les citoyens de voir le ciel étoilé au-dessus des rapides», craint pour sa part Jacques Racine, un autre utilisateur du forum.

«Au-delà de la démarche artistique, je me demande ce qu’un tel monument moderne et abstrait peut apporter de plus à un endroit déjà paradisiaque. On veut reconnecter avec ce qui devient notre coin de nature en ville. Les superflus sont doublement superflus et nous éloignent de l’ambiance naturelle de notre bord de l’eau», questionne Véronique Morin.

«C’est une pièce d’art public. Il y en a dans tous les arrondissements, dans tous les parcs du Québec et même dans le monde ! Je préfère ce monument à un condo ou une maison de riche! Je respecte votre opinion. Si vous ne pouvez plus voir ces blocs monolithiques, regardez plus à l’ouest ou à l’est mais ne regardez plus devant !», constate pour sa part Guy Vincent.

«Goûts discutables»
Lors de l’inauguration de l’œuvre dimanche, la mairesse Manon Barbe a rappelé que «le prix des œuvres d’art et les goûts sont discutables. L’œuvre souhaite la bienvenue aux gens qui entrent dans LaSalle. Tout le monde peut y toucher et se l’approprier».

Le maire de Montréal avait pour sa part de nombreux commentaires positifs. «L’œuvre étonne par sa stature, sa luminosité et sa nature praticable. C’est un legs important pour LaSalle et un attrait pour les amateurs d’art qui visitent Montréal. Elle nous invite à faire corps avec elle en s’y assoyant», a affirmé Denis Coderre.

«LaSalle constitue un véritable microcosme du Canada. J’ai passé ma carrière politique et j’y ai tellement d’amis», a mentionné

l’ex-premier ministre et député Paul Martin, qui était le président d’honneur des fêtes du 100e anniversaire de LaSalle, de retour dans le comté qu’il a représenté à la Chambre des communes pendant 18 ans, de 1988 à 2006.

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