TC Media / Isabelle Bergeron Caroline Cormier a été sélectionnée par ses collègues de travail pour recevoir le prix de l'AQPC. Cette dernière remet, à chaque année, une distinction dans chaque institution d'enseignement collégiale afin de souligner le travail d'un enseignant.

Au Cégep André-Laurendeau, les étudiants qui éprouvaient le plus de difficultés en chimie ont vu leurs notes augmenter jusqu’à 10% grâce aux nouvelles méthodes appliquées par leur professeure Caroline Cormier. Cette dernière recevra d’ailleurs, en juin, un prix de l’Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC) en raison de ses techniques d’enseignement innovantes.

Depuis qu’elle applique, la méthode de la classe inversée, développée au États-Unis, Caroline Cormier observe que «les étudiants sont moins anxieux. Ils profitent du temps de classe pour poser des questions pendant qu’ils essaient de résoudre un problème, au lieu d’être seuls à la maison à se casser la tête sur leurs devoirs et d’abandonner jusqu’au prochain cours».

Ainsi, les différents vidéos concoctés par l’enseignante permettent à ceux qui le désirent de revoir la matière autant de fois qu’ils le veulent et au moment qu’ils jugent opportun.

Dans un cours magistral, la prise de note peut parfois être périlleuse pour certains, note l’enseignante. Aussi, les étudiants tombent parfois «dans la lune» lorsqu’ils sont assis pendant des heures à écouter.

En plus de transmettre, sa matière sur une chaîne YouTube, celle qui enseigne depuis 10 ans, est aussi chercheure en pédagogie et co-auteure d’un manuel scolaire sur la chimie organique.

À la lumière des résultats de ses différentes recherches subventionnées par le Programme d’aide à la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage (PAREA), elle remarque qu’en appliquant les méthodes de classe inversée et de correction formative «les étudiants dont les notes gravitaient autour de 59% obtiennent maintenant des 69%, mais surtout, ils retiennent davantage l’information».

Devoirs et anxiétés
Selon la chercheure en pédagogie, «la classe inversée favorise l’apprentissage, car les cégépiens sont plus actifs». Une de ses collègues lui a aussi fait observer que «maintenant, quand les gens veulent apprendre une nouvelle technique, ils se tournent souvent vers la vidéo avant même de regarder le manuel d’instruction».

Au début, certains collégiens essaient toujours de se présenter en classe sans avoir vu la matière à la maison. La professeure de chimie précise qu’«ils ont rapidement conscience que, sans les notions, leur présence en classe devient pratiquement inutile pour faire les exercices. Normalement, ils comprennent assez vite».

Amélioration continue
L’autre méthode que Mme Cormier applique est celle de la correction formative. Les premiers travaux remis par les étudiants sont commentés par l’enseignante, mais aucune note n’est attribuée.

Le but de l’exercice est d’offrir la possibilité aux élèves d’améliorer son travail, de corriger certaines erreurs ou même de comprendre qu’ils avaient mal compris les directives.

Pour Caroline Cormier, «l’ambiance des cours est devenue plus agréable. C’est beau de les voir, ils s’entraident et se posent des questions entre eux».

Alors qu’elle recevra son prix en début juin, l’enseignante a déjà un nouveau projet de recherche qui vient d’être accepté. Elle étudiera et évaluera le développement des capacités orales des étudiants en science. L’idée lui est venue alors que les universités ont soulevé que les nouveaux inscrits avaient souvent une lacune pour s’exprimer dans leur champ d’études respectif.

Bas de vignette: Caroline Cormier a été sélectionnée par ses collègues de travail pour recevoir le prix de l’AQPC. Cette dernière remet, à chaque année, une distinction dans chaque institution d’enseignement collégiale afin de souligner le travail d’un enseignant.

 

      Classe inversée

  • L’étudiant apprend la matière à l’aide de vidéos fait par le professeur ou par des lectures prédéterminées.
  • Le temps de classe est dédié à la résolution de problèmes.
  • Les cours magistraux sont rares.
  • Les vidéos, de courte durée, sont faciles d’accès.

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