TC Media - Isabelle Bergeron Comme 100 autres employés, Daniel Guilbeault perdra son emploi en février, après 32 ans de service chez Arborite

Plus de 100 employés de l’usine laSalloise Arborite perdront leur emploi d’ici le 9 février avec la relocalisation de la production aux États-Unis. Le spécialiste du stratifié décoratif met ainsi fin à près de 70 ans de fabrication de comptoirs sur l’avenue Lafleur.

Une trentaine de travailleurs resteront toutefois sur place puisque les installations seront transformées en centre de distribution et de vente. «On est tous choqués et frustrés par la nouvelle, on s’en allait vers une année record en terme de profits. C’est grâce aux employés que la compagnie marche», déplore Daniel Guilbeault, ouvrier chez Arborite depuis 32 ans.

Des représentants de la maison, venus du Texas, ont annoncé la nouvelle aux employés le 17 novembre. «Ça n’a pas duré très longtemps. Ils sont arrivés avec leurs agents de sécurité sans parler un mot de français. C’est le directeur, Salvatore Rivera, qui traduisait nos échanges», ajoute-t-il, précisant que M. Rivera perdra aussi son emploi.

La compagnie explique qu’elle souhaite intégrer toute la production à ses deux autres centres manufacturiers du Texas et de la Caroline du Nord. «Le service clientèle, le département marketing et celui de design ainsi que quelques postes au centre d’entreposage seront toujours en fonction», précise la directrice du marketing, Teresa Gentile.

Protectionnisme
Cette décision n’est pas une question de rentabilité selon Pierre Drolet, le président du syndicat et employé de l’usine depuis 23 ans. «Nous étions à plus de 14% de profit net de rendement. Nous sommes victimes d’un protectionniste de la part des employeurs voulant combler leurs usines américaines qui ne sont pas à pleine capacité», lance-t-il.

La mairesse Manon Barbe a aussi déploré cette délocalisation. «D’autres entreprises ont fermé, comme Kraft. Malheureusement, c’est la loi du marché. On n’a pas vraiment de moyen pour arrêter ça», a-t-elle déclaré lors du conseil d’arrondissement.

Afin de soutenir les activités commerciales des PME locales, un poste de commissaire industriel a été créé cette année. «On fait de la visite d’entreprises et on cherche à aider les plus petites qui n’ont pas les mêmes moyens», ajoute Mme Barbe.

Transition
Fondée en 1948, l’usine de LaSalle était la plus ancienne d’Arborite. «Beaucoup de gens travaillent ici depuis longtemps et leurs pères avant eux. Il va falloir tout recommencer à zéro. On avait une routine, on était un peu comme une famille», raconte M. Guilbeault.

À 51 ans, il n’écarte pas la possibilité de retourner aux études pour se donner toutes les chances de retrouver un travail. «J’envoie des CV, j’essaie de rester optimiste. Après tout, j’ai perdu ma job, pas ma santé», relativise-t-il.

De son côté, le président du syndicat est confiant de retrouver un emploi. «C’est sûr que c’est difficile, les gens vont devoir s’adapter, mais il y a des jobs», concède M. Drolet.

La compagnie assure qu’elle aidera les employés dans cette transition. Toute la semaine, des réunions sont prévues afin de mettre sur pied un comité de reclassement.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!