Les membres du personnel du Centre d’éducation des adultes (CEA) de LaSalle se souviendront longtemps du matin du 22 janvier. Ils ont pris en charge les victimes d’un incendie qui a ravagé l’édifice voisin de la rue Jean-Milot. Cette véritable chaîne humanitaire leur a d’ailleurs valu une reconnaissance du SPVM.

Six logements ont dû être évacués après qu’un feu de cuisson se soit déclaré dans un appartement du premier étage. Les familles se sont retrouvées sur le trottoir pour échapper aux flammes et à la fumée.

Le CEA, qui ouvrait ses portes, a immédiatement pris en charge une dame en pleurs avec son bébé, suivis par d’autres personnes bouleversées. «La magie de ce moment-là, c’est que tout le monde s’est arrêté pour s’activer spontanément à les aider», raconte la directrice adjointe, Michelle Laplante.

Enseignants, conseillers pédagogiques ou étudiants, chacun s’est donné pour mission d’épauler et de rassurer, autant par les mots que par les actes.

Certains sont allés chercher des chaussures, des couvertures ou encore des manteaux dans la réserve de vêtements collectés durant l’année dédiés au bazar annuel.

Pendant ce temps, d’autres sont allés chercher de la nourriture pour concocter un petit-déjeuner et même du lait en poudre pour les familles qui avaient des bébés.

Aider les secours
Cette prise en charge improvisée a également permis aux services d’urgence débordés de se concentrer davantage sur leurs tâches.

«C’était vraiment la panique. J’ai pris à ma charge le résident de l’appartement où le feu a commencé, raconte le premier agent arrivé sur les lieux, David Farland. Il était en t-shirt, pieds nus dans la neige et il était en crise.»

Les paramédics se sont occupés d’un couple incommodé par la fumée. D’autres policiers érigeaient le périmètre de sécurité. Un autobus de la Société de transport de Montréal (STM) a abrité au moins trois sinistrés.

Le réconfort moral et matériel apporté par les personnes du CEA a alors constitué une aide cruciale, au bon moment. «On ne demande pas aux gens d’être des héros et d’aller dans le feu, mais leur soutien a grandement facilité notre travail», précise le superviseur, Jacques Lavoie.

Flot d’empathie
Deux étudiantes du CEA ont même eu l’idée de faire une collecte de fonds pour venir en aide aux sinistrés, une fois qu’ils seront tous identifiés. Des démarches auprès de l’arrondissement sont en cours pour les retrouver.

«Ce sont des élèves qui n’ont pas grand-chose, mais qui sont prêts à donner beaucoup», estime la directrice adjointe, fière.

Les policiers du poste de quartier (PDQ) 13 ont tenu à souligner les gestes de solidarité du personnel de l’édifice Clément dont le «flot d’empathie qui s’est déversé sur ce matin de misère a permis à ceux qui ont tout perdu de garder espoir».

Les membres ont «non seulement convergé vers le but commun d’aider leurs prochains dans le malheur, mais l’ont fait d’une façon si efficace, spontanée et humaine, que devait être soulignée cette action citoyenne hors du commun», est-il écrit sur la plaque signée et remise par le commandant, Patrick Lavallée.

Un mois plus tard, on ignore toujours quand les sinistrés pourront réintégrer leur logement.

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