Photo : TC Media - Pascaline David Les panellistes se sont tous entendus sur la grande valeur du cégep au sein de la société québécoise, cette créature unique au monde dont certains aspects peuvent toutefois être améliorés.

Les 50 ans des collèges d’enseignement général et professionnel (cégep) a été l’occasion pour plusieurs experts d’échanger sur le rôle et les possibles avenues de l’éducation collégiale lors d’une table ronde organisée à André-Laurendeau.

«Sans le cégep, je ne serai pas devenue ce que je suis», lance la journaliste Carole Beaulieu qui a animé les discussions entre l’économiste Pierre Fortin, la philosophe Joelle Tremblay, le journaliste Marco Fortier et la professeure Séverine Parent.

M. Fortin a commencé par souligner l’impact des cégeps depuis leur création, au milieu des années 1960, en trois points. «Le cégep est un accélérateur de scolarisation, il est économique pour la collectivité et c’est une arme de combat efficace contre les inégalités sociales», résume-t-il.

En augmentant le taux de scolarisation, le cégep réduit les inégalités sociales et l’écart salarial entre les gens moins scolarisés et ceux qui le seront assez pour faire face aux défis technologiques et humains de notre siècle.

Par ailleurs, les professeurs se concentrent moins sur la recherche que sur l’enseignement et le soutien pédagogique, selon lui. «Cela coûte moins cher d’embaucher un professeur de cégep que d’université», ajoute l’économiste.

Défis
«En 2015, le journal Les Affaires indiquait que les métiers qui nécessitent le moins d’empathie, de relations sociales sont de plus en plus exposés à une robotisation de leur tâche», explique Mme Parent.

Selon elle, le cégep devrait être de plus en plus une formation citoyenne permettant de développer davantage les habiletés du 21e siècle, soit la créativité, le sens critique et le travail collaboratif, entre autres.

De son côté, Joëlle Tremblay, a insisté sur l’importance de la culture générale, socle précieux au collégial, alors qu’en région, certains cégeps ont de la difficulté à garder ouverts les programmes de sciences humaines.

«C’est un défi pour la fédération des cégeps, dit-elle. Il va falloir se demander comment on pourra soutenir les élèves qui souhaitent suivre de tels programmes loin de chez eux.»

Problématiques
«Pour les politiciens, les cégeps sont une cible facile, lance Marco Fortier. Au printemps, les Canadiens se font éliminer et il y a une remise en question des cégeps, c’est comme le jour de la marmotte.»

Pourtant, le vrai drame national de l’éducation est le décrochage au secondaire, selon lui. «C’est tellement facile de se trouver un emploi sans avoir de diplôme, que c’est quasiment une incitation au décrochage», ajoute-t-il, soulignant le besoin de main-d’œuvre qualifiée dans des secteurs très précis en région.

L’utilité de la cote R a également été remise en question par des étudiants présents lors de l’événement. «On a une vision biaisée de l’évaluation, car on ne valorise pas l’excellence au Québec, répond Mme Tremblay à l’auditoire. Un 90% qui vous stresse, vous, ne vaut rien, car le but est que vous passiez le cours pour être subventionné au diplôme.»

Selon Mme Parent, la valeur d’un étudiant n’est pas bien représentée par la cote R. «Ça informe de quelque chose, mais pas de toute la richesse du parcours», estime-t-elle.

Jean Paré, fondateur du magazine L’Actualité et conseiller technique en information auprès du ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, était présent lors de l’événement.

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