L’association des Amputés de guerre fête ses 100 ans. Directeur du programme Les vainqueurs, qui soutient financièrement et moralement les enfants ayant besoin d’une prothèse, Louis Bourassa a lui-même fait partie des premiers bénéficiaires en 1978, lui permettant de trouver ses repères et d’avoir une vie épanouie.

Crée en 1975, Les vainqueurs permet de jumeler un enfant amputé, parfois quelques heures après l’opération, avec une personne ayant vécu une expérience similaire.

«Je ne me souviens pas du Louis avant l’association, tellement la transformation a été marquante, lance M. Bourassa. C’est un organisme qui se concentre seulement sur le positif, je m’y suis identifié.»

Son premier mentor, un ancien combattant, lui a tout appris. «C’était une révélation, je ne m’imposais plus de limites, ajoute celui qui a eu la jambe droite sectionnée, en bas du genou, après un accident avec une tondeuse à gazon, lorsqu’il avait quatre ans. J’ai commencé le hockey, le parachute, j’ai tout fait.»

Aujourd’hui âgé de 49 ans, M. Bourassa travaille à l’association depuis 1991 à temps plein. «C’est presque le mandat d’une vie. On est appelé par l’envie d’aider les autres», précise-t-il.

Intégration
Pour M. Bourassa, ce programme est très important pour aider les enfants amputés à être autonomes et à bien s’intégrer dans la société.

Il prend l’exemple de Charles-Antoine, un jeune laSallois de 16 ans inscrit depuis sa naissance. «Le petit bébé que j’ai connu est maintenant devenu un jeune homme qui fait de la course à pied, grâce à sa prothèse. C’est beau de le voir aller», raconte-t-il.

Comme beaucoup d’autres personnes, Charles-Antoine a participé aux séminaires de l’association, qui réunissent tous les enfants amputés d’une région, le temps d’un week-end. Ils y apprennent à accepter l’amputation, à adopter une attitude positive quant à leur avenir et prennent connaissance des récentes innovations en matière de membres artificiels.

«Bien que l’association offre des programmes novateurs depuis 100 ans, il reste encore beaucoup à faire afin de voir à ce que toutes les personnes amputées, comme Charles-Antoine, bénéficient des membres artificiels dont elles ont besoin pour mener une vie active en toute autonomie», indique-t-il.

Coûts
Favoriser l’accès aux prothèses, qui coûtent en moyenne autour de 2000 $, est un des chevaux de bataille de l’association pour les années à venir, alors que les couvertures médicales ne sont pas les mêmes selon la province.

«L’habitant du Canada serait choqué d’apprendre qu’un amputé ne reçoit pas les mêmes services selon où il réside, dit-il. Nous voulons sensibiliser les gens et amener les gouvernements provinciaux à se rendre compte des disparités qui existent.»

Plus le niveau d’amputation est élevé, plus la prothèse est complexe et son prix augmente. Celle de M. Bourassa a coûté 16 000$.

Au Québec, la carte soleil défraie les prothèses de base, mais pas celles pouvant servir aux loisirs comme courir ou peindre. L’association soutient financièrement les familles pour combler ces coûts, voire en assumer l’entièreté.

100 ans
Depuis maintenant 100 ans, l’Association des Amputés de guerre vient en aide aux personnes ayant perdu un membre. Au début, elle soutenait les vétérans amputés de la Première Guerre mondiale.
L’organisme ne reçoit aucune subvention gouvernementale. Il s’autofinance grâce aux dons et à son service de plaques porte-clés et des étiquettes adresses.

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