Métro Média - Pascaline David Arrivé d’une situation familiale et sociale ardue au du Guatemala, Daniel Corado a travaillé dur pour apprendre le français au Centre d’éducation des adultes (CEA) de LaSalle.

Daniel Corado a grandi dans un quartier pauvre, difficile et violent de la capitale guatémaltèque. Arrivé à LaSalle il y a deux ans, il était déterminé à apprendre le français au Centre d’éducation des adultes. Aujourd’hui, ses efforts sont récompensés puisqu’il a reçu une bourse remise par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) pour sa persévérance.

Âgé de 18 ans, Daniel a dû tout réapprendre en arrivant au Québec.

«Les premiers jours ont été difficiles, il y a eu des hauts et des bas, mais il n’a pas baissé les bras, lance son enseignant, Luc Lefebvre, qui a soumis sa candidature pour la bourse. S’il vit un échec, il va essayer de se relever.»

À cause de sa scolarisation précaire au Guatemala, le jeune homme a développé des problèmes d’apprentissage. Toutefois, il a lui-même choisi de recommencer aux niveaux débutants pour avoir une base plus solide.

«J’ai continué, car je voulais montrer que j’étais capable, je souhaitais donner l’exemple», raconte Daniel Corado.

Enfance difficile
Toute son enfance, il l’a passée dans le quartier de Tierra Nueva de Guatemala City, où la pauvreté et la violence sont normes.

Daniel a vécu avec sa grand-mère, alors que ses parents ont émigré au Canada lorsqu’il était encore très jeune. Il aurait dû les suivre rapidement, mais les retards de traitement dans son dossier d’immigration ont tracé un tout autre chemin pour lui.

Le jeune homme a arrêté sa scolarité à 12 ans, alors que l’intimidation faisait rage entre les élèves, mais aussi avec les enseignants. «Certains professeurs m’ont dit que je n’étais personne et que je ne deviendrai jamais rien dans la vie», révèle-t-il.

Il a alors travaillé auprès de ses oncles, dans le domaine de la carrosserie, jusqu’à ses 16 ans.

Nouvelle vie
Lorsqu’il a finalement rejoint ses parents à LaSalle, le jeune homme était déterminé à prouver qu’il pouvait réussir et trouver la motivation dans ces souvenirs douloureux.

Celui qui dessine depuis tout petit a fréquenté un salon de tatouage à Lachine où il est devenu apprenti. En quelques mois, il a rapidement développé les compétences nécessaires pour devenir tatoueur professionnel.

«Sans sa persévérance à apprendre la langue, il n’aurait probablement pas pu avoir cette job», estime M. Lefebvre, les yeux emplis de fierté.

Daniel semble aujourd’hui épanoui et compte bien faire de son talent une carrière. «J’adore ce que je fais», dit-il d’un sourire réservé.

Il ne souhaite pas retourner vivre dans son pays de naissance, ayant trouvé un nouvel équilibre et une belle perspective d’avenir, ici, à Montréal.

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