Gracieuseté - Éric Carrière Des élèves en francisation du Centre d’éducations des adultes (CEA) de LaSalle étaient fiers de leur œuvre collective, lors du lancement à la bibliothèque L’Octogone.

Des étudiants en francisation du centre d’éducation des adultes (CEA) de LaSalle ont pris la plume pour raconter leur nouvelle vie au Québec et les réalités qui y sont liées. Retraçant les premiers souvenirs hivernaux, la nourriture, quelques désillusions et des moments d’émerveillement, ces récits sont rassemblés dans le recueil «D’une rive à l’autre», lancé la semaine passée (30 mai) à la bibliothèque L’Octogone.

«Ce recueil a été réalisé dans l’objectif de valoriser les efforts de ces 13 élèves dans leur démarche d’apprentissage du français, explique Saida Meridja, bibliothécaire et agente de liaison à L’Octogone, qui a initié le projet.

Constitué d’une trentaine de pages illustrées, le livre renferme des témoignages d’immigrants venant de Cuba, du Nicaragua, de Chine et du Congo, entre autres.

«Ils sont tellement fiers de leur travail, ils étaient tous rayonnants lors du lancement», s’exclame Mme Meridja.

Plusieurs élus de LaSalle étaient présents à l’événement, dont la mairesse Manon Barbe qui a signé un texte en préface de l’ouvrage. «Il est à la fois touchant et renversant de se mettre à la place de ces personnes qui ont quitté leur patrie pour venir s’installer chez nous, sans parler nécessairement notre langue, pour saisir de nouvelles occasions […], écrit-elle. Mettre sur pieds de tels ateliers contribue à créer un monde plus ouvert, plus inclusif et uni.»

Morceaux de vie
Xiaodong Tong y conte son voyage de la Chine à Lachine. «Je me suis dit que c’était là qu’il fallait vivre, que c’était une bonne façon de garder un lien avec notre pays d’origine», indique celle qui est arrivée avec sa famille en 2015.

De son côté, Valya Petkova exprime son besoin de justice et d’une vie plus saine pour ses enfants, alors que la corruption est omniprésente en Bulgarie. «Dans le cadre de mon travail, j’étais souvent obligée de comptabiliser des chiffres fictifs, on me demandait de faire des choses illégales, dévoile-t-elle. Maintenant, je vis au Canada, j’ai un travail honnête et je peux dormir sur mes deux oreilles.»

Fuyant la guerre du Congo pour se retrouver dans un camp de réfugié au Kenya, Etienne Paul Mungombe témoigne quant à lui de son difficile parcours de vie. Il indique que, même si la vie peut être plus facile au Canada, il faut des papiers, un permis de travail, faire reconnaître ses diplômes, faire des évaluations et surtout être bilingue. «Aujourd’hui, j’ai la vie sauve, je suis en sécurité», conclut-il.

Création
L’animatrice Anna Beaupré-Moulounda a été engagée spécialement pour accompagner les étudiants des niveaux 7 et 8, les plus élevés. Trois ateliers de deux heures auront été nécessaires pour mettre sur pied le livre.

Pour amorcer le processus d’écriture, elle leur a demandé quelle était leur idée du Canada avant de venir, quelles ont été leurs premières impressions en arrivant et ce qu’ils ont trouvé ici, qui n’existait pas dans leur pays.

L’illustratrice Annick Poirier a complété les mots par l’image, en peignant à l’aquarelle des portraits de chaque auteur, à partir de photographies.

Le projet a été financé dans le cadre de l’entente sur le développement culturel de Montréal conclue entre la Ville et le gouvernement du Québec.

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