Métro Média - Lisa Lasselin Grâce aux divers services proposés et à l’économie d’échelle, C.A.D.R.E est à 90% autosuffisant.

Réunir sous un même toit des aînés, des personnes à déficience intellectuelle et des enfants, est le pari hors du commun que s’est lancé l’organisme communautaire C.A.D.R.E (Centre d’action de développement et de recherche en employabilité). Dès l’année prochaine, il pourrait même étendre ses services en ouvrant une garderie.

Il y a presque 25 ans, Roy Bhimpaul a sauvé C.A.D.R.E dont le local était situé sur la rue Hampton, en le sortant de la faillite. Ce Guyanais est arrivé au Canada à l’âge de 7 ans en étant issu d’un milieu très pauvre.

Son rêve était de construire un centre multi-ressources où se côtoieraient à la fois personnes marginalisées et actives, tout en centralisant une multitude de services à de futurs clients.

C’est dans cette optique que M. Bhimpaul, quelques années après avoir repris C.A.D.R.E, rachète un bâtiment dans une zone industrielle rue Cordner. L’arrière est destiné à des travaux de manutentions, où 85 personnes souffrant de problèmes de santé mentale emballent et étiquettent.

«Nous avons une mauvaise perception de ces gens, alors ils font leur travail avec une telle application. La seule différence est que j’ai adapté mon entreprise en fonction de leurs capacités. Ils peuvent travailler le matin ou le soir et sur des tâches précises, par exemple», explique-t-il.

Le directeur affirme qu’hospitaliser une personne comme celle-ci revient à 1000$ par jour à l’État tandis qu’ici, ils ne coûtent rien et ils produisent même des ressources financières, sans compter les bénéfices sur leur bien-être puisqu’ils se sentent utiles.

Parallèlement, le Guyanais collabore avec l’Institut Douglas et gère 25 personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Elles sont alors responsables du recyclage et de la distribution du courrier interne de l’hôpital.

Dans l’autre partie du bâtiment, la cuisine de C.A.D.R.E, qui dessert des repas à des centaines de personnes âgées, deux fois par semaine, en collaboration avec la popote roulante de LaSalle. Elle offre aussi un service de transport pour les accompagner à des rendez-vous médicaux, organise des repas et des activités comme des fêtes lors des évènements comme pour la Saint-Jean.

Tout cela aidé par plus d’une soixantaine de bénévoles, sans compter sur le coup de main des travailleurs appliqués de l’entrepôt de manutention, qui bénéficient par ailleurs des repas.

Garderie
À l’étage, le dernier projet est une immense pièce vide, prête à être transformée en garderie. Dès l’an prochain, elle accueillera les enfants jusqu’à 5 ans pour un coût 40$ par jour. Un soutien thérapeutique sera proposé aux autistes et pour faire gagner du temps aux parents, un service de repas à emporter sera offert.

Les travaux sont pour le moment en suspens. L’arrondissement a refusé le permis de rénovation du directeur, car il soutient qu’il n’est pas possible de créer une garderie sur une zone industrielle. Un article de loi autoriserait pourtant cette éventualité, ce qui pousse Roy Bhimpaul à réitérer sa demande.

Il devrait donc rencontrer cette semaine les élus de LaSalle pour remettre le sujet sur la table.

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