Le Messager LaSalle - Archives Najlae Ahmimed a tout quitté pour s’occuper à temps plein de son fils, Amine, et souhaiterait que les familles naturelles soient davantage soutenues.

Les familles d’accueil d’enfants handicapés reçoivent 70 %, en moyenne de plus de l’État que les familles naturelles, selon une récente étude. Des organismes montréalais estiment qu’il s’agit d’une injustice et lancent une campagne afin de réduire les écarts.

L’analyse réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton révèle que les familles dites naturelles reçoivent en moyenne 25 632 $ annuellement pour subvenir aux besoins spéciaux de leur enfant handicapé à la maison. Les familles d’accueil, quant à elles, reçoivent en moyenne 44 264 $.

Le Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE), créé en 2016 pour les parents, n’est quant à lui accessible que pour 1634 des 36 000 enfants vivant avec un handicap au Québec. Ce sont 50% des demandes qui sont refusées au motif que le handicap des jeunes concernés n’est pas assez sévère, sans compensation intermédiaire.

Najlae Ahmimed est mère monoparentale du petit Amine, 11 ans, atteint d’une maladie neuromusculaire génétique qui engendre une déficience psychomotrice. Elle a quitté le Maroc pour que son fils puisse suivre une thérapie offerte au Québec. Si elle bénéficie du SEHNSE depuis un an, elle dénonce l’iniquité des aides financières.

«Je connais beaucoup de parents qui n’ont pas le droit au supplément, dont une mère qui a deux filles en fauteuil roulant, raconte-t-elle. Certaines familles d’accueil reçoivent plusieurs montants par mois et ont des maisons, des voitures adaptées, c’est injuste.»

Mme Ahmimed est dépendante de l’aide sociale pour subvenir aux besoins de son fils. Elle n’aurait plus cette aide en reprenant les études, comme elle le souhaiterait, pour devenir technicienne en orthèses et prothèses.

«Certains parents ont décidé de placer leurs enfants, c’est leur choix, dit-elle. Mais les gens comme moi, qui veulent les garder le plus longtemps possible, ont besoin de plus de soutien.»

Campagne

Pour agir contre ce constat, l’organisme Parent jusqu’au bout et L’Étoile de Pacho, réseau d’entraide pour parents d’enfants handicapés, ont lancé la campagne Équité pour tous les enfants handicapés.

«C’est illogique et injuste, car la famille naturelle est en général là où l’enfant est le mieux», lance Caroline Langevin, directrice de la Corporation l’Espoir, un organisme laSallois offrant du soutien aux familles de personne présentant une déficience intellectuelle. J’invite les gens à signer la pétition et à la partager à outrance afin d’avoir un vrai poids politique.»

Le vice-président du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), Steven Laperrière, est du même avis. «Quand les parents sont capables de s’occuper de l’enfant, on devrait leur faciliter la vie, fait-il valoir. Peu importe ce qu’on pourrait leur donner, ça coûterait moins cher à la maison qu’en milieu hospitalier et la qualité des services y est bien meilleure.»

Selon M. Laperrière, il n’est pas rare que certains programmes gouvernementaux destinés aux personnes en situation de handicap soient quasiment inaccessibles, étant donné les critères demandés.
«Quand tu es malade la dernière chose dont tu as besoin, ce sont des problèmes financiers, soutient-il. C’est une situation complètement absurde.»

Au moment de mettre sous presse, la pétition en ligne était signée par 12 151 personnes, pour un objectif de 36 000, à l’image du nombre d’enfants vivant avec un handicap au Québec.

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