Gracieuseté Depuis 2004, Manuel Chantre a présenté son travail à plus d'une soixantaine d'événements en Amérique du Nord et en Europe.

Artiste dans les arts numériques et compositeur, Manuel Chantre conçoit des installations et sculptures qui explorent le rapport de la mémoire à la technologie. Son univers musical et visuel est actuellement exposé à la galerie les 3C du Centre culturel et communautaire Henri-Lemieux.

L’un des projets présentés au Centre Henri-Lemieux met en relief les données d’un téléphone cellulaire qu’il a trouvé. «J’ai créé une sorte de fiction à partir des vidéos, des photos et informations disponibles sur l’appareil, explique M. Chantre. J’ai utilisé la réalité pour la déformer et provoquer des réflexions.»

Cette démarche a fait réagir bien des gens, puisque l’artiste a lui-même fait appel aux opinions de son public par le biais des réseaux sociaux, pour l’aider dans sa démarche. «J’ai abordé la question de l’éthique notamment, indique-t-il. Cela s’est transformé en une véritable expérience sociale, un peu stressante, mais très intéressante.»

Selon lui, il est important de faire réfléchir à ce qu’on laisse comme traces en utilisant les technologies modernes. Cet été, il a même poussé l’expérience plus loin puisqu’il a retrouvé la propriétaire du téléphone et l’a rencontrée. Un moment fort, qui donnera lieu à un tout nouveau projet artistique en novembre.

Mémoire
L’énergie et l’inspiration de M. Chantre changent d’un projet à l’autre. «Ce sont souvent des choses personnelles qui nourrissent cela», estime celui qui réside dans le quartier St-Henri.

Cet attrait pour la mémoire pourrait bien être lié au fait que l’artiste a grandi sans connaître son père, qui vit au Cap vert, en Afrique. «C’est une facette de mon identité qui m’a toujours travaillé, de savoir qu’il y avait cette partie-là de moi que je ne connaissais pas», dévoile-t-il.

Un morceau de lui-même qu’il commence tout juste à recoller, puisqu’il a été à la rencontre de son père l’an passé. «Dans mes œuvres, j’ouvre cette réflexion sur mon identité à quelque chose d’encore plus large, à savoir comment les gens peuvent s’identifier à des formes ou à des prénoms par exemple», précise-t-il.

À LaSalle, il signe l’œuvre publique du Traceur immobile, devant le cégep André-Laurendeau. Cette sculpture lumineuse et interactive a été construite l’an passé, avec le centre de recherche en optique, Optech.

«C’est une nouvelle façon de travailler la lumière avec l’acrylique pour innover dans la projection vidéo, détaille-t-il. Les gens sont habitués à voir des projections sur des murs, donc le but était de le faire plutôt en 3D, comme des hologrammes.»

Parcours
Originaire de la Ville de Québec, Manuel Chantre créait déjà sur son synthétiseur à 12 ans et faisait ses expériences avec les ordinateurs de l’époque.

Il a brièvement étudié au cégep de Limoilou en électronique. «J’ai arrêté, car ça ne m’intéressait pas de réparer des machines, mais j’avais un intérêt pour créer», révèle l’artiste.

Il s’est finalement lancé dans un baccalauréat en anthropologie sociale et culturelle à l’Université Laval, intéressé par les sujets de société. Plus tard, il a étudié en musique électroacoustique à l’Université Concordia.

Aujourd’hui, une grosse partie de son travail se fait en éducation, puisqu’il monte des programmes pour des écoles secondaires.

Exposition jusqu’au 14 octobre au Centre culturel Henri-Lemieux (7644, rue Édouard).

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