Messager LaSalle - Pascaline David Martha Twibanire a raconté son histoire à Steven Laperrière, qui en a fait un livre intitulé Martha, les forces cachées.

Lorsqu’il a rencontré Martha Twibanire, le LaSallois Steven Laperrière a su d’emblée qu’il devait raconter son histoire. Son second livre met en lumière le parcours d’une femme résiliente, qui a quitté son Rwanda natal pour offrir une vie plus sécuritaire à ses trois enfants.

Dans son second livre, après La Ville handicapée, Steven Laperière propose le récit biographique de Martha Twibanire, femme immigrante, handicapée et monoparentale.

Ensemble, ils souhaitaient déconstruire les mythes sur les immigrants, particulièrement les réfugiés. L’ouvrage met ainsi en lumière les efforts d’adaptation de Martha, tout en composant avec les stigmas et la crainte constante d’être renvoyé dans son pays.

«On entend tout le temps les histoires négatives, mais très peu les bonnes, lance-t-il. Ce n’est pas simple de prendre la décision d’immigrer ici ou ailleurs, et lorsque l’on arrive, on devient dépendant de tout le monde.»

Il s’agissait également d’aborder l’accessibilité, alors que Mme Twibanire est en fauteuil roulant. Si le parcours de la protagoniste a été semé d’embûches, elle a toutefois réussi à s’en sortir grâce à sa ténacité. «C’est une femme qui a énormément de charisme», ajoute M. Laperrière.

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Après avoir perdu un enfant durant le génocide, ainsi que son mari, Martha Twibanire a ressenti un besoin absolu de s’échapper, il y a près de 20 ans.

«Mes enfants ne m’ont pas demandé de les mettre au monde, je voulais tout faire pour qu’ils trouvent la joie», raconte celle qui a perdu l’usage de ses jambes à la suite d’une attaque de Polio, lorsqu’elle avait 10 ans.

Elle ne s’attendait toutefois pas aux obstacles qu’elle rencontrerait ici, que ce soit aux douanes, puis dans le quartier Duff-Court à Lachine, à l’école, avec le transport adapté, ou encore face aux spécificités linguistiques du français local.

«Pendant trois ans, je ne dormais presque pas, j’avais peur à chaque fois que la fenêtre claquait, dévoile-t-elle. J’ai été découragée, à un moment.»

Mais elle n’a pas abandonné. «C’est comme si en arrière, il y a un requin et devant, il y a les vagues, tu choisis quoi, image-t-elle. J’ai préféré ne pas retourner en arrière, j’ai choisi les vagues.»

Accessibilité
Elle espère surtout que le livre puisse changer la perception des personnes handicapées. «Être dans une chaise roulante, ça ne veut pas dire qu’on n’a pas de tête, affirme-t-elle avec aplomb. Nous avons nos forces, et nous pouvons les transmettre aux autres.»

Elle est d’ailleurs très reconnaissante de l’aide des Grands frères et Grandes Soeurs de l’Ouest-de-l’Île, dont le programme de jumelage a eu un rôle crucial dans l’épanouissement de ses enfants.

Aujourd’hui, Mme Twibanire vit toujours à Lachine, mais n’est plus dans le quartier Duff-Court, et travaille dans une grande banque canadienne. «C’est un endroit très inclusif», précise-t-elle.

S’impliquer dans les organismes communautaires et aller voir les autres, s’intéresser à eux, est la clé de la réussite selon elle. «La vie est dure et ingrate parfois, mais il faut continuer, il faut s’aimer, et garder espoir», conclut-elle.

Le lancement de Martha, les forces cachées, se fera au YWCA (1355, boulevard René-Levesque Ouest), à l’endroit même où Mme Twibanire et sa famille ont été accueillis en entrant au Canada.

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