…Le chat paraît ne sentir que pour soi, n’aimer que sous condition, ne se prêter au commerce que pour en abuser; et, par cette convenance de naturel, il est moins incompatible avec l’homme… Buffon

Lyette a pourtant une vie très remplie. «Qu’est-ce qui m’a pris d’adopter un chaton? Je l’ai vu, il m’a plu.»

Il a tellement une belle petite face. Des yeux bleus aussi croches que magnifiques…

«Tu sais, me dit-elle, je suis folle des chats, j’suis un peu allergique, mais c’est pas grave, j’adore les minous».

Voilà donc que depuis le 1er octobre, Lyette B. se retrouve à partager son havre de paix avec la bête. En fait, elle habite chez lui maintenant. Une petite bestiole impulsive et, disons-le, électrisante. Un chat, un ti-minou gris, beige et crème… Une délicieuse bibitte à poils. Depuis l’arrivée de Cornemuse, Lyette dort à peine. Toujours cette impression de vivre chez son chat. Cela se confirme de jour en jour d’ailleurs.

Lyette m’appelle hier. Elle m’invite gentiment à souper. Comment refuser; elle est si charmante. J’arrive à son condo; sixième étage. Chez-elle, tout est blanc. Elle vit sur un nuage.

– «Dis-moi, ça dort un chat? La nuit, j’veux dire. J’ai l’air d’une aspirine dans un verre d’eau, d’un pâté chinois. Je suis fatiguée sans bon sang! Je ne fonctionne plus au travail, je m’endors sur le photocopieur, je bois huit cafés par jour, je ris des niaiseries de Jodoin et je commence à trouver mon boss intéressant. C’est un signe que je manque de sommeil, non» ?

Je lui dis oui, en flattant Cornemuse.

– «C’est vrai qu’il est mignon, Trombone; Cornemuse, pardon!»

Elle me raconte comment sa vie (un peu plate, avouons-le) a changé depuis l’arrivée de Tiger. Elle ne s’appartient plus.

– «Hier, après Tout le monde en parle, j’ai volontiers accepté que mon chat vienne passer la nuit dans ma chambre. Dans mon lit blanc.»

Elle est plutôt sélective Lyette sur ce point (mais ça, c’est une autre histoire). Considérant qu’il passe toute la journée seul… elle tente l’expérience. Erreur! Le petit himalayen a passé la nuit à sauter sur elle, à lui faire mille tours charmants, le dos rond, la danse de côté, en pleine nuit. Si petit, il ronronne comme un 747. Pas facile, la vie à deux.

C’est de ma faute. Je lui avais dit de prendre un chat de race. C’est paresseux, peureux et indépendant. Je ne sais pas où j’ai pêché ça? Je voulais me rendre intéressant, je suppose… On cherche sur internet. On trouve facilement un éleveur de minous chers. Dans les Cantons de l’est, elle tombe sur la dite bête… Coup de foudre! …800$ plus tard, nous revenons avec la chose.

À vrai dire, le chaton est collant comme un 26 juillet et très, très affectueux. Je sais que mon amie Lyette voulait un bibelot, un compagnon silencieux, un complice effacé, passif et contemplatif. Un chat, comme dans les romans d’Agatha Christie. Elle a tout le contraire.

Passons outre l’attirail qu’elle a acheté à l’animalerie du carrefour: la bouffe sèche de haute qualité, la litière, le collier antipuce, les jouets, le manuel d’instruction «J’aime mon chat»… Il faut aussi brosser bébé. Beaucoup de poils le chouchou!

Le bilan de sa dernière fantaisie ne semble pas très encourageant pour Lyette. Elle est de nature combattive, mais je la connais, elle ne tiendra pas le coup, même s’il lui faut pour cela, sept vies…

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