Julie Lavigne, directrice de l'école Cavelier-De LaVigne

Tout semble indiquer que c’est à la demande des élèves et après un vote des étudiants de la classe de quatrième secondaire de l’école Cavelier-De LaSalle, que l’enseignant Philippe Trahan a présenté la vidéo controversée de Luka Rocco Magnotta dans sa classe d’histoire et société, le lundi 4 juin dernier, en matinée.

C’est ce qu’a confirmé la directrice de l’école, Julie Lavigne, lors d’une entrevue accordée au Messager de LaSalle, le 13 juin, après une rencontre avec l’enseignant, dans les locaux de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB).

L’homme de 29 ans, qui détenait une autorisation provisoire d’enseignement, demeure suspendu avec salaire, selon les modalités de la convention collective, jusqu’à nouvel ordre. Pourrait-il perdre son emploi? Selon le responsable des communications de la CSMB, Jean-Michel Nahas, «nous avons besoin d’expertises supplémentaires avant de prendre une décision finale. Mais tous les scénarios sont envisagés, allant jusqu’au congédiement de l’enseignant».

La directrice Julie Lavigne confirme que des élèves font circuler une pétition favorable au professeur. «C’est un enseignant qui était très apprécié des jeunes». Certains soutiennent que l’incident est de leur faute. Ils insistaient pour que le professeur présente le document visuel.

Comment se sentent les jeunes? «Aujourd’hui (13 juin), nos intervenants de crise ont fait le tour de tous les élèves de quatrième secondaire. Il faut savoir qu’il n’y a qu’une trentaine d’élèves qui ont visionné la vidéo. Le professeur n’a pas répété l’expérience».

La directrice Julie Lavigne aurait souhaité éviter un tel événement regrettable. «Quand on essaie de tout faire pour que notre école vive et rayonne à plein, c’est certain que c’est contraignant. Ce n’est tellement pas quelque chose qui se produit souvent».

Les élèves n’ont pas visionné la vidéo intégralement, mais ils ont pu en voir une grande partie. Après le visionnement, plusieurs sont demeurés muets, bouche bée. Rares sont ceux qui ont émis des commentaires, même si l’enseignant leur posait des questions.

La CSMB, l’école et la ministre condamnent le geste

La CSMB et la direction de l’école condamnent d’une seule voix le geste de l’enseignant. La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a parlé «d’un manque de jugement total de la part de l’enseignant. Je ne vois aucune vertu pédagogique à l’intérieur de quelque chose comme ça».

Rappelons que le visionnement de la vidéo s’est produit dans la matinée du lundi 4 juin. Dès l’après-midi, la CSMB a suspendu l’enseignant impliqué. La direction de l’école a informé les élèves concernés qu’une cellule de crise formée de psychologues et de psycho-éducateurs était immédiatement mise à leur disposition.

Durant deux jours, les intervenants ont accueilli les élèves qui en ressentaient le besoin. Un psychologue est également demeuré en service à l’école, toute la semaine, en lien avec ce dossier.

La vidéo controversée montre les derniers moments de l’étudiant Lin Jun et son démembrement; ce qui a mené à l’arrestation de Magnotta en Allemagne. Ce dernier devra répondre, entre autres, à des accusations de meurtre et d’outrage à un cadavre à son retour à Montréal.

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