En colère contre les coupures budgétaires et l’augmentation de leur charge de travail imposées par le gouvernement Couillard, les enseignants du cégep André-Laurendeau ont démontré leur mécontentement, pancartes à la main, en distribuant des tracts aux milliers d’étudiants qui procédaient à la rentrée officielle du lundi 24 août.

Dès 7h30, une trentaine d’entre eux ont dressé une haie d’honneur devant les portes du collège, mais sans nuire aux opérations d’inscriptions et de distribution des horaires.

La menace d’une grève générale pointe à l’horizon, selon la présidente du Syndicat de l’enseignement du cégep André-Laurendeau, Yolande Pieyns.

«Pour l’instant, on ne perturbe rien au niveau des étudiants. C’est de l’information et ensuite, ce sera le côté administratif qui va ralentir car nous ne remplirons que les tâches habituelles, sans plus».

Les 325 enseignants du cégep André-Laurendeau sont associés à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), qui tiendra un rassemblement les 3 et 4 septembre.

«On décidera des moyens de pression et on reviendra avec consultation pour un mandat de grève en assemblée générale le 21 septembre, si les choses ne s’arrangent pas», explique Yolande Pieyns.

Charge de travail inacceptable?
Le tract distribué aux étudiants est intitulé «Profs en négo et en colère», parle des mesures imposées aux enseignants.

Pour les enseignants, les nouvelles mesures veulent dire plus d’étudiants par classe, plus d’heures d’enseignement, plus de cours différents à préparer et plus de tâches administratives à faire.

«C’est clair qu’elles auront des conséquences sur nos étudiants. On a plus d’étudiants en difficultés et il n’y a rien pour les soutenir. Il y aura moins de disponibilité pour les étudiants, moins de services personnalisés et moins d’attention aux élèves en difficulté», précise la présidente Yolande Pieyns.

Pour sa part, le directeur du cégep, Claude Roy, soutient que «les professeurs doivent être valorisés et faire valoir leurs droits. Nos cours ne sont pas perturbés et on verra ce qui se passera avec les grandes centrales syndicales et le gouvernement».

Claude Roy affirme que les relations syndicales-patronales sont très bonnes au cégep qu’il dirige. «Pour le bénéfice de nos étudiants, je demande au gouvernement de régler ça le plus vite possible et de façon sereine, dans le respect des gens».

Inquiétudes chez les étudiants
Trois étudiants rencontrés par TC Media ont manifesté leurs inquiétudes face à une éventuelle grève générale.

«Je veux finir mon cégep au plus vite pour aller travailler. Je n’aimerais pas qu’il y ait une grève. J’ai ma job en sortant et j’ai fait un stage cet été», explique Julien Boily, qui étudie en Génie civil.

Même son de cloche chez Vincent Gauthier, étudiant en Électronique industrielle.

«Je trouve dommage que dès la rentrée, ils veulent déjà voter pour la grève. Je finis mon cégep dans un an et je veux travailler rapidement».

Étudiant en Sciences humaines, Carl Thibault craint aussi les conséquences d’une grève.

«Je n’ai plus qu’une session avant d’accéder à l’université et ce serait vraiment dommage qu’une grève soit déclenchée à ce moment-ci».

Outre ses 325 enseignants, le cégep compte près de 500 employés au total et attend au-delà de 4000 étudiants pour cette nouvelle rentrée scolaire.

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