Collaboration spéciale Une scène de désolation suivant la tragédie.

«J’ai vu l’édifice complet lever dans les airs et se défaire comme un château de cartes. Je garde en mémoire le souvenir d’une femme assise sur un bol de toilettes être expulsée dans les airs. Cinquante ans plus tard, je m’en souviens encore et c’est aussi vivide que si c’était hier».

Un demi-siècle plus tard, des LaSallois peuvent témoigner à quel point l’explosion de LaSalle Heights les a marqués. C’est le cas de Ginette Cadieux, dont la famille habitait à l’angle des rues Bergevin et des Oblats.

Avec des amis, elle attendait un taxi pour la conduire à l’école, quand elle a été témoin bien malgré elle de l’explosion de 1965.

Sa mère est sortie et lui a demandé de courir jusqu’à l’école Ferdinand-Comte. «En entrant dans ma classe, j’ai dit: la madame, elle a sauté». C’est le dernier souvenir que je garde de l’événement».

Si elle n’a pas perdu un membre de sa famille dans la tragédie, Mme Cadieux souligne qu’une de ses amies a perdu sa maman.

«On ne pouvait réintégrer notre logis. Nous sommes allés chez nos grands-parents à Lachine pendant quelques semaines».

L’aventure de deux frères
Pour leur part, les frères Robert et Jacques Michaud, qui avaient respectivement 11 et 8 ans au moment de la tragédie, habitaient au 0338, rue Bergevin avec leurs parents.

Quand l’explosion s’est produite, ils arrivaient à l’école Saint-Catherine Labouré. «Il y a eu un énorme tremblement et un gigantesque champignon dans le ciel. À notre âge, on ne comprenait pas trop ce qui se passait».

Le soir, quand Robert et Jacques sont retournés à la maison, «c’était le désastre. Chez nous, c’était le quartier général des pompiers, policiers et autres. Ça rentrait et ça sortait pendant plusieurs jours. Notre mère faisait de gros pots de café sur la petite cuisinière à gaz. Dans la cuisine, il y a avait deux ou trois pouces de «sloche» et mon père avait un grattoir pour l’enlever».

Des images qui frappent l’imagination d’enfants. «On savait qu’il y avait des morts, mais quand tu es jeune, tu veux les voir. Je me rappelle qu’il y avait des planches partout. Le mur du bloc adjacent avait été soufflé et on voyait l’intérieur des chambres», explique Robert Michaud.

La famille Michaud a déménagé à Montréal pendant un an, puis à Laval, où résident encore les deux frères et leurs familles.

«Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est que nous n’avons pas oublié. Cette explosion est restée dans notre mémoire», précisent les frères Michaud.

 

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