Les représentants des compagnies de taxi accueillent plutôt positivement les nouvelles obligations qui leur seront imposées par la Ville de Montréal à compter du 1er janvier 2016, malgré le fait que ces dernières pourraient encourager une «migration» des chauffeurs.

À compter du 1er janvier 2016, les chauffeurs devront désormais ouvrir la portière aux clients sous peine d’une amende de 125 $ à 375 $ et respecter un code vestimentaire. Des caméras de surveillance seront par ailleurs obligatoires dans les véhicules.

Porte-parole de l’Association des chauffeurs de taxi de Montréal, Dory Saliba craint une migration de chauffeurs en désaccord avec cette réglementation vers les indépendants. «On ne veut pas avoir deux poids, deux mesures», soutient-il.

«On souhaite que les conducteurs indépendants vivent [et soient régis par les mêmes règles] que les autres, ajoute M. Saliba.
L’ouverture des portes pour les clients est un point qui fait consensus chez les acteurs de l’industrie, toutefois, M. Saliba avertit qu’«en obligeant les chauffeurs à entrer et sortir constamment de leurs véhicules par temps froid, ils y en a certains qui attraperont la grippe».

Visions différentes
Les propos de M. Saliba ne sont toutefois pas endossés par tous. «Il n’y rien de négatif», soutient par exemple Richard Lynch, gérant de Taxi Angrignon, qui compte 110 véhicules et 130 chauffeurs à Verdun et LaSalle.

«Tout ce qui touche à l’amélioration du service, on est en accord avec ça», commente pour sa part Georges Malouf, directeur général adjoint de la compagnie Taxi Pontiac Hemlock, très présente dans le Sud-Ouest

Le règlement montréalais prévoit l’installation obligatoire de caméras de surveillance dans les quelque 4400 taxis du territoire.

Dory Saliba qualifie leur installation de «nécessité», une vision similaire chez toutes les compagnies contactées par TC Media.
Toutefois Richard Lynch précise qu’ «il y a des pour et des contre, mais c’est pour la sécurité des gens. C’est aussi une question de subventions parce que c’est très dispendieux».

Discorde vestimentaire
Le règlement qui entrera en fonction en janvier 2016 prévoit que les chauffeurs devront être vêtus d’un pantalon ou d’une jupe noire, d’une chemise ou d’un chandail blanc et de souliers noirs. En période estivale (1er mai au30 septembre), ils pourront endosser un bermuda noir et un chandail de type polo de couleur blanche.

«Pourquoi on ne laisse pas les compagnies prendre soin de leurs chauffeurs?», questionne Dory Saliba.

Richard Lynch explique que Taxi Angrignon «l’applique depuis le 15 octobre, comme ceux de l’aéroport. On porte des chemises polos avec pantalons et souliers propres».

Pour sa part, Charles Artin veut s’assurer que ses chauffeurs portent un costume taillé pour Co-Op Taxi de l’Ouest. «Je ne veux pas que mes chauffeurs soient comme les autres. J’ai une signature et je veux la garder. On veut mettre l’emblème de notre compagnie en évidence».

«Le code vestimentaire, nous l’avons. Nous avons un service VIP», souligne M. Malouf, précisant que les chauffeurs portent déjà la cravate. «On en fait plus que ce que prévoit le règlement. Ils imposent la couleur, c’est tout», mentionne-t-il.

Le nouveau règlement de taxi a été voté au conseil municipal de Montréal par 42 voix contre 19 le 26 octobre.

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