Archives | Josie Desmarais Le propriétaire de la chaîne L'Gros Luxe, Alexandre Bastide.

Après avoir obtenu gain de cause concernant son permis d’alcool pour son établissement de l’avenue Duluth, le propriétaire du L’Gros Luxe, Alexandre Bastide, part en croisade pour moderniser la loi sur les permis d’alcool au Québec.

Alexandre Bastide a finalement obtenu son permis d’alcool pour son restaurant de la rue Duluth, après huit mois d’attente. Un citoyen et la conseillère d’arrondissement Christine Gosselin s’opposaient à ce que le commerce puisse obtenir ledit document devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), en raison de potentiel troubles pour le voisinage.

La cour a tranché en faveur du commerçant, puisqu’il n’y a eu aucune plainte jusqu’ici contre le commerce qui a dû se tourner vers un apportez votre vin en attendant le jugement.

«La loi sur les permis d’alcool, elle date des années 60 et visait à protéger les tavernes. Elle n’est plus d’actualité aujourd’hui», avance M. Bastide.

Ce dernier estime avoir perdu des revenus de 200 000$, en plus du personnel de bar qualifié qui avait été embauché, pour la période sans ce permis.

«Si c’était mon premier restaurant, j’aurais fait faillite. J’avais d’autres restaurants pour amortir le choc. C’est pour cela que je vais faire des démarches pour faire changer les règlements, aussi sur la question de pouvoir vendre de l’alcool sans avoir à consommer un repas complet», continue M. Bastide.

Selon lui, il devrait être permis de consommer une bière ou un cocktail sans avoir à manger dans un restaurant.

«Ce n’est pas logique que si sur un groupe de quatre personnes, seulement deux veulent manger, ça ne leur soit pas possible de venir. Je veux réunir des commerçants pour qu’ensemble, on entame des procédures lobbying auprès du gouvernement», affirme M. Bastide.

Le propriétaire du Buona Notte, Massimo Lecas, et du défunt Globe abonde dans le même sens.

«Notre restaurant le Globe, c’est cette réglementation qui en a eu raison. En plus, les régisseurs ne sont même pas en mesure de la clarifier. Si une table de dix célèbre un anniversaire et qu’un couple arrive pour le dessert, il n’a pas droit de prendre une coupe de champagne? Si des clients attendent au bar et boivent un apéritif, le temps que leur table soit prête, est-ce permis? On n’est pas capable de nous répondre», critique M. Lecas.

L’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) milite pour sa part sur la question depuis 15 ans.

«C’est permis dans toutes les autres provinces canadiennes. On réclame que la même chose soit appliquée au Québec. C’est clair que ça s’ajoute aux divers irritants et freins à l’entrepreneuriat», soutient François Meunier de l’ARQ.

Le projet de loi 68 déposé en avril 2012, prévoyait apporter des précisions à la notion de repas, mais il n’aura finalement jamais vu le jour, notamment avec le changement de gouvernement.

Des bâtons dans les roues
«C’est juste dans Le Plateau-Mont-Royal que j’ai des problèmes. La dame qui porte plainte à répétition contre mon restaurant rue Saint-André continue, même si j’ai changé la formule pour 100% végé, pour apporter une atmosphère plus calme. Je trouve ça plate. Je veux m’intégrer au quartier. Ma clientèle, ce n’est pas des touristes, ce sont les résidents du secteur, alors j’ai tout avantage à ce qu’il y ait une cohabitation harmonieuse», déplore M. Bastide.

La conseillère d’arrondissement, Christine Gosselin, soutient pour sa part avoir répondu aux inquiétudes de citoyens.

«Autour du Gros Luxe Saint-André, de nombreux voisins se sont mobilisés pour regagner leur quiétude perdue, il n’est nullement question d’une seule citoyenne lésée. Les problèmes autour de cette adresse perdurent aujourd’hui en dépit des conditions d’exploitation rattachées au permis par la RACJ. Il était donc normal d’exiger qu’un deuxième permis dépende de la résolution des multiples problèmes autour du premier», plaide Mme Gosselin.

M. Bastide dit avoir sollicité des rencontres à plusieurs reprises avec les élus, sans y arriver.

«Ça va très bien avec mes autres succursales. Les élus ne veulent pas dialoguer. Ma prochaine expansion risque d’être à Toronto, parce que ce sera moins compliqué d’un point de vue réglementaire», conclut celui qui se dit fier Québécois et Montréalais.

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