Recréer l’esprit de taverne à travers des groupes de discussions et projets stimulants: tel est l’objectif du projet Homme en actions du Centre du Plateau.

Constatant que très peu d’hommes retraités s’engagent dans les activités offertes aux aînés, le centre de loisirs à but non lucratif a mis en place ce projet, inspiré du mouvement du Commonwealth, des Men’s Shed.

«On veut créer un espace par et pour les hommes. Ils fonctionnent beaucoup par projet pour se mobiliser, c’est différent de ce qu’on voit pour les femmes aînées», indique la coordonnatrice du projet, Ann Mitchell.

L’initiative en est encore à l’étape du recrutement. Jusqu’ici, peu d’hommes répondent à l’appel, en dehors des activités de pétanque.

Jacques Bouchard, un participant, espère que les hommes viendront aux rencontres informelles du mardi et jeudi matin.

«Je crois qu’il y a plus d’hommes seuls aînés qu’on pense. Beaucoup se mentent à eux-mêmes, parce qu’on a été élevé à penser qu’on a besoin de personne. Depuis que les tavernes n’existent plus, il n’y a plus d’endroits où l’on se retrouve entre hommes pour refaire le monde entre deux bières», raconte M. Bouchard.

Amener les hommes de plus de 60 ans à socialiser, à sortir de chez eux et à développer de nouvelles amitiés fait partie des objectifs.

Dans le cadre de ce projet, Tayeb Bensaddek préparera son célèbre couscous, le meilleur de Montréal à ses dires, lors d’un souper communautaire le 25 novembre. Un atelier sera préalablement donné à des hommes retraités pour leur apprendre les secrets de sa préparation.

«Apprendre à cuisiner, ça semble vraiment faire partie de leurs intérêts. C’est quelque chose qui revient souvent», mentionne Mme Mitchell.

M. Bensaddek, 74 ans, a lui-même le profil des hommes visés par l’initiative, à l’exception qu’il a déjà un horaire bien chargé.

«J’ai eu la chance d’avoir une amie qui est venue me voir, quand je suis devenu veuf, il y a trois ans. Elle m’a dit que je n’allais pas rester chez moi à me replier sur moi-même et que j’allais aller au centre Projet changement pour contrer l’isolement des aînés», raconte M. Bensaddek.

Depuis, il s’engage près de cinq jours semaine.

«C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’hommes au centre. Moi, je suis méditerranéen, j’aime beaucoup parler, mais je crois que les femmes sont peut-être plus naturellement portées à s’engager et développer de nouveaux liens», raconte M. Bensaddek.

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