Collaboration spéciale R.A.E.Jr. La réalisatrice Sandra Mathieu s'est inspiré d'anecdotes vécues au quotidien afin que d’autres personnes puissent s’y reconnaître aussi.

«Reine» est une web série abordant les défis que doivent relever les femmes issues de la diversité culturelle dans leur milieu professionnel. Loin d’être lourd, les quatre premiers épisodes, qui seront diffusés sur YouTube en octobre prochain, se veulent légers et sympathiques tout en parlant d’un sujet sérieux, qui touche de nombreuses femmes dans leur vie de tous les jours.

Réalisé dans les rues et dans plusieurs commerces du Plateau-Mont-Royal, la web série Reine est l’histoire de quatre femmes vivant chacune une situation particulière dans leur milieu de travail.

Elles vont devoir trouver une façon diplomatique de se sortir de moments qui peuvent être dérangeants, bien que considérés comme banals pour certains.

«Quand on te dit que tes cheveux ressemblent à de la laine, ça peut être malaisant. Les personnages vont être confrontés à ce genre de discours et vont devoir en sortir de façon diplomatique, donc cela sera à la fois drôle et cocasse» – Sandra Mathieu, réalisatrice et scénariste.

La web série, qui aura des épisodes d’une durée de plus ou moins cinq minutes, a pour mission «d’éduquer la société envers les enjeux qui touchent la femme noire dans son quotidien».

À travers ses protagonistes, Reine cherche à briser les barrières au sein de la communauté québécoise. On y découvre des femmes fortes et intelligentes qui vivent dans une société qui «peine à les comprendre et qui les poussent parfois à camoufler leur réelle identité».

«Étant née au Québec et issue de la diversité culturelle, je ne me retrouve malheureusement pas dans les médias, les films ou séries québécoises. C’est vraiment dur pour moi de pouvoir m’associer à un personnage, car ils ne me ressemblent aucunement», indique Sandra Mathieu, réalisatrice de Reine.

Anecdotes du quotidien

La jeune femme d’origine haïtienne avait besoin de raconter des anecdotes qu’elle vit quotidiennement, afin que d’autres personnes puissent s’y reconnaître aussi.

Sandra Mathieu, réalisatrice

«Je me suis servie de situations vécues par moi-même ou par des gens autour de moi, autant dans le milieu professionnel que dans le quotidien. Ce sont des choses qui pourraient être anodines pour certaines personnes, mais qui, pour celles issues de la diversité culturelle, peuvent nous affecter, explique-t-elle. Je ne veux pas aborder la question du racisme, mais parler de ces histoires avec un brin d’humour dans le but que la population ait une prise de conscience.»

Sandra Mathieu a décidé de se concentrer sur la femme noire et métisse, mais compte bien s’intéresser également à des personnages issus d’autres communautés culturelles comme les femmes arabes, asiatiques ou latinas, dans ses prochains épisodes.

Pour son troisième gros projet après un film documentaire sur Haïti «Ma première fois» et la fiction sur la violence conjugale «Je t’aime à mort», Mme Mathieu explique que cela n’a pas été difficile de trouver des actrices issues de la diversité car elles sont nombreuses à ne pas arriver à percer au Québec, ou décrochent des rôles qui ne sont «pas valorisants, très stéréotypés et avec beaucoup de préjugés».

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