Josie Desmarais «L’Gros Luxe de la rue Saint-André peut survivre sans permis d’alcool pendant 30 jours, mais il ne peut survivre sans ouvrir ses portes, cette décision est démesurée», explique Alex Bastide, propriétaire.

La saga du restaurant L’Gros Luxe avec la Régie des alcools des courses et des jeux (RACJ) finis finalement mal pour le restaurant de la rue Saint-André, dans le Plateau-Mont-Royal. Le propriétaire a décidé de mettre la clef sous la porte suite à une décision rendue par la RACJ qui lui sommait de fermer l’établissement pendant 30 jours, en raison d’une plainte d’une résidente.

«À un moment donné il faut s’avouer vaincu malheureusement, je vois que la voisine directement en haut ne va jamais me lâcher, lance Alexandre Bastide propriétaire des restaurants L’Gros Luxe. Je ne peux plus me permettre de faire marcher une entreprise dans cet environnement-là, car je vais toujours me ramasser en cour.»

Depuis 2016, M. Bastide, qui possède huit restaurants L’Gros Luxe au Québec, est en proie avec la justice concernant une plainte d’une résidente pour problème de cohabitation en raison du bruit de son tout premier restaurant ouvert en 2014, comme les files d’attente trop bruyantes ou les clients présents après l’heure de fermeture.

Pour diminuer les nuisances et avoir une ambiance plus calme, ce dernier a fait du L’Gros Luxe un restaurant végétarien l’année dernière. Il s’est aussi conformé aux conditions de la RACJ qui demandait à ce qu’il ferme à 23h tous les soirs, qu’il prenne les réservations afin d’éviter les files d’attente dehors et qu’il retienne les services d’un portier pour réduire le bruit à l’entrée et à la sortie des clients.

Le propriétaire du L’Gros Luxe s’est plié à ces conditions, n’acceptant plus de nouveaux clients après 22h15, créant une application, puis s’inscrivant au système bookenda pour accepter les réservations.

Sans retenir les services d’un portier, à de nombreuses reprises chaque soir, un des employés s’assurait d’aviser les clients qui quittaient le restaurant ou qui fumaient de respecter le voisinage et de faire le moins de bruit possible.

Malgré la mise en place de ces mesures, et malgré le fait qu’aucun incident n’ait eu lieu et qu’aucun appel fondé à la police pour bruit excessif n’a été fait, selon Alexandre Bastide, la RACJ demande de fermer l’établissement pendant 30 jours.

Mais ce dernier ne peut se permettre de perdre ses employés et sa clientèle, il s’est ainsi résolu à jeter les gants et à fermer l’établissement de la rue Saint-André.

S’installer sur des artères commerciales

«Il faut que les entrepreneurs se rendent compte avec notre histoire qu’il y a des citoyens vraiment décidés à faire la guerre à des entreprises. La ville prend le côté des citoyens en général donc les entrepreneurs doivent faire de meilleurs devoirs avant de s’installer n’importe où. Surtout quand c’est ton seul business ça peut faire très mal», déplore M. Bastide.

Il conseille aux restaurateurs de s’installer sur de plus grosses artères, et de faire attention à l’environnement en allant parler avec les voisins pour être sûr qu’il n’y aura pas d’opposition.

Alexandre Bastide décide maintenant de se concentrer sur ses autres restaurants en important notamment le menu 100% végétarien avec des options vegan dans ses autres commerces.

«C’est un mal pour un bien, ça nous a aidé à mieux choisir nos futures emplacements pour ne pas revivre cette situation» – Alexandre Bastide.

Après Montréal, Québec, Victoriaville et Longueuil, ce dernier ouvre en effet des restaurants à Sherbrooke et Chicoutimi en février et mars prochain.

«C’est dommage parce que maintenant les gens ne se tiennent plus dans le centre du Plateau-Mont-Royal, ils vont plutôt dans Griffintown, dans le Mile End ou Saint-Henri. Le Plateau est en train de mourir c’est très triste, mais c’est la réalité. Les gens payent leurs condos dans le Plateau et ils veulent une sainte paix», commente-t-il.

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