Quentin Parisis | Métro Média Joannie Lafrenière expose 52 photos sur le thème du tourisme, sur l'avenue du Mont-Royal, avec un point de vue personnel et souvent drôle.

Joannie Lafrenière révèle des photos décalées et souvent drôles tout le long de l’avenue du Mont-Royal jusqu’au 16 septembre dans l’expo Touriste.

Joannie Lafrenière, photographe et documentariste, propose une immersion dans son monde kitsch et caustique, à travers une sélection de 52 photos sur le thème du tourisme, réalisées au cours de ces dix dernières années.

«Le Plateau est devenu un lieu de passage. Il y a beaucoup de touristes, des gens qui viennent habiter pour quelques mois, alors je trouvais ça vraiment cool d’exposer ici, sur ce thème», explique Joannie Lafrenière, également emballée par l’idée d’afficher ses œuvres dans le cadre d’une exposition publique.

«Certains vont peut-être faire le parcours au complet, d’autres ne verront qu’une portion, ou ne verront toujours que la même section. J’aime l’idée que ça fasse partie d’un quotidien» détaille-t-elle.

Inspirée par Gabor Szilasi ou le photographe britannique Martin Parr, Joannie Lafrenière considère le point de vue de ses photos comme étant «aigre-doux». «Je trouve ça bien et sain d’avoir des artistes qui nous inspirent, sans avoir besoin de les copier», explique-t-elle.

Originaire de Saint-Gabriel-de-Brandon dans Lanaudière, c’est lors de ses études en journalisme à Jonquière qu’elle découvre la photographie et qu’elle ressent «un coup de foudre total».

Pour ce projet, la photographe a apporté un soin particulier à la cohérence de ses choix et de l’ordre dans lequel elle a exposé ses œuvres. «Tu ne peux pas choisir 52 images au hasard, sous prétexte que ce sont de bonnes photos. J’ai réfléchi pour réaliser l’expo comme un parcours et on a créé différentes sections» dit-elle.

De ce fait, une partie est dédiée aux motels tandis qu’une autre consacre les touristes de façon plus classique, «comme ceux qui prennent la pose devant un gros homard à Moncton». Adepte des costumes, des accessoires et des décors parfois improbables, Joannie Lafrenière propose aussi quelques créations «plus réfléchies».

Montréalaise d’adoption et amoureuse d’Hochelaga

Si c’est sur le Plateau que Joannie Lafrenière expose en ce moment, c’est à Hochelaga qu’elle s’est installée lors de son arrivée à Montréal il y a quinze ans. Depuis, elle n’a jamais quitté l’arrondissement, et elle a développé une affection particulière pour ce secteur de la ville. «Mon cœur est à Hochelaga», assure-t-elle.

«J’adore ce quartier. Il est intéressant, car je ne le trouve pas homogène. Il y a une vraie mixité sociale, et tout le monde trouve sa place», poursuit-elle.

Cela ne l’empêche pas de le voir changer, ce qui ne se fait pas sans difficulté parfois. «Ça s’est beaucoup gentrifié, et je trouve ça un peu tough pour les gens qui ne pourront plus habiter là», regrette-t-elle.  Avoir un œil «aigre-doux» n’empêche manifestement pas d’avoir une grande dose d’humanité.

52 photographies grands formats de Joannie Lafrenière sont exposées sur l’avenue du Mont-Royal jusqu’au 16 septembre prochain

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