Le chemin de fer a forgé le paysage de Montréal et du Plateau-Mont-Royal. C’est cet héritage parfois oublié, voire négligé, que veut célébrer Laurence Grandbois-Bernard, étudiante et artiste multimédia, lors de l’installation «À l’aube des restes industriels», une projection photo et vidéo à l’entrepôt Van Horne.

Frédérique Charest

«La thématique, c’est vraiment l’imaginaire ferroviaire de la ville de Montréal. Le but, c’est de mettre en perspective notre rapport à nos infrastructures et à nos espaces industriels. Je suis partie d’une intuition personnelle sur la poésie de ces lieux », explique Mme Grandbois-Bernard.

Pour traduire la beauté de l’architecture ferroviaire, elle a créé un montage d’images d’archives et de captations vidéo récentes qu’elle a réalisées. L’écran? Rien de moins que la façade ouest de l’imposant entrepôt Van Horne.

Le projet, qui sera présenté le 17 mai, à 20 h 30, a été amorcé dans le cadre du programme de maîtrise en recherche-création en média expérimental de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

«Le train est un objet qui me fascine depuis longtemps. En faisant mes recherches, je me suis rendu compte que c’est quelque chose qui intrigue beaucoup de gens, tant dans la littérature, la musique et la photographie. C’est impressionnant de voir à quel point ça perdure au fil du temps. »

En plus de sa maîtrise, la jeune artiste fait un baccalauréat en sociologie et travaille en cinéma en tant que deuxième assistante caméra.

Interpellée par le documentaire, l’artiste a intégré à sa projection des extraits d’entrevues réalisées auprès de citoyens et d’anciens travailleurs du chemin de fer.

«J’ai rencontré un ancien télégraphe qui m’a expliqué comment fonctionnaient à l’époque la communication et le déplacement des trains. J’ai aussi eu la chance de rencontrer quelqu’un qui est passionné par le chemin de fer qui m’a raconté comment Montréal était une ville ferroviaire très importante au Canada. »

Revaloriser un bâtiment menacé

L’entrepôt Van Horne, encadré par la rue du même nom, le boulevard Saint-Laurent et le chemin de fer du Canadien Pacifique, a été bâti en 1924, une époque durant laquelle Montréal était encore un pôle incontournable du réseau ferroviaire nord-américain. L’immeuble entreposait des marchandises qui lui arrivaient par train.

Depuis, le déclin industriel a réduit l’importance du bâtiment, aujourd’hui vétuste. L’organisme Héritage Montréal l’a d’ailleurs ajouté à sa liste des 10 sites emblématiques menacés.

 «À la lumière de tous les projets immobiliers, on peut parfois se questionner sur l’importance qu’on accorde à ces bâtiments. Je pense que ce genre de projet de scénographie urbaine valorise l’architecture industrielle. Ça peut soulever des questions sur notre envie de conserver les immeubles qui témoignent de l’histoire de la ville », plaide Mme Grandbois-Bernard.

Les spectateurs pourront visionner les images à partir du Parc du crépuscule. Un éclairage interactif illuminera les sculptures de l’artiste Glen LeMesurier, des œuvres qui intègrent d’anciens morceaux de trains.

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