Le poste de quartier (PDQ) 38, situé sur la rue Rachel, lançait la campagne Je sors avec ma gang, je repars avec ma gang, le 26 novembre.

Les bars et les boîtes de nuit du Plateau-Mont-Royal sont pris d’assaut par des dizaines de milliers de personnes, chaque semaine. Plusieurs plaintes pour agressions sexuelles ont été enregistrées au fil du temps, certaines d’entre elles dans un contexte d’intoxication à différentes substances, notamment à l’alcool ou la drogue.

« On ne dénote pas de recrudescence de ce problème sur le Plateau, mais on voulait vraiment agir davantage en prévention, car une agression en est une de trop. Contrairement à d’autres types de crimes, les victimes restent marquées à jamais », a fait valoir le commandant du poste de quartier 38, Stéphane Bélanger.

C’est ainsi que le projet Je sors avec ma gang, je repars avec ma gang, a vu le jour.

Au cours des prochaines semaines, des conseils de prévention seront diffusés dans les différents établissements licenciés du boulevard Saint-Laurent, ainsi que dans les cégeps et les universités. Le groupe d’âge ciblé par la campagne est celui des femmes de 22 à 28 ans.

« La clientèle de club ne vient pas forcément du Plateau. On retrouve des jeunes de la banlieue. C’est pour ça que l’on va dans les cégeps et les universités: pour les rejoindre », soutient M. Bélanger.

La chanteuse Andrée Watters s’est associée au projet en acceptant d’être la porte-parole officielle de la campagne.

« En tant que femme et en tant que personne qui a pu voir les ravages à la suite d’une agression causée par une substance intoxicante chez quelqu’un de mon entourage, je me devais de contribuer à informer les femmes des moyens qui existent pour se protéger », a indiqué Mme Watters, lors du lancement.

Au-delà des mythes

La croyance populaire voulant que la majorité des agressions sexuelles soient commises par un inconnu ayant glissé du GHB dans le verre de sa victime est bien loin de la réalité. Rappelons que 80% des agressions sexuelles sont commises par des connaissances.

« Il s’agit de gens que l’on a déjà croisé, mais que l’on a perdu de vu. Ça procure un faux sentiment de sécurité, car en réalité, on ne connait pas vraiment cette personne.

« On a choisi de faire cette campagne à l’approche des Fêtes, car les gens pensent à tort que c’est le GHB qui est le plus utilisé pour commettre des agressions, mais c’est plutôt de l’alcool. Cette substance est socialement acceptée et est consommée partout, surtout lors de soirées festives », explique le commandant, en faisant référence aux partys de fin de sessions, de Noël et du Nouvel An.

Les agents du PDQ 38 ont conçu des outils destinés aux victimes, mais aussi à tous ceux qui peuvent être témoins d’une telle situation. Ils ont rencontré les employés des bars du boulevard Saint-Laurent afin de les aider à développer de bons réflexes. Ils les ont informés sur les signes et les symptômes à surveiller, les démarches à réaliser lorsqu’une situation leur semble problématique, mais aussi comment assurer leur propre sécurité.

« Les tenanciers ont un rôle important à jouer. Ils sont les plus habilités à déceler les victimes potentielles. Quand ils voient une fille pas mal éméchée sortir dans les bras d’un gars, ils devraient intervenir et s’assurer qu’elle rentre avec quelqu’un qu’elle connaît », estime-t-il.

De petites cartes, avec un bref message de sensibilisation, seront également distribuées auprès des étudiants, au cours des prochaines semaines.

La campagne de sensibilisation a ciblé le boulevard Saint-Laurent puisqu’il s’agit de l’artère où l’on retrouve le plus de bars. Toutefois, il n’exclut pas l’idée d’étendre son programme à d’autres secteurs.

Le projet a été réalisé en collaboration avec l’organisme Jeunesse au Soleil et la Société de développement du boulevard Saint-Laurent.

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