Galina Peshkova (Photo : depositphotos)
S’il est recommandé de tourner sept fois sa langue avant de parler, il en est de même pour les médias sociaux. Mieux vaut se tourner les pouces sept fois dans d’appuyer sur « Envoyer », pour ne pas avoir de regrets, affirme Jean-Hugues Roy, ancien journaliste et professeur à l’École des médias de l’Université du Québec de Montréal (UQAM).

Les médias sociaux offrent une voix à tous ceux qui veulent se faire entendre (ou plutôt lire!). Mais est-ce qu’on peut tout y dire? Questionné à ce sujet, M. Roy estime que si tout peut être dit, il y a néanmoins certaines règles à respecter.

« Les médias sociaux ne sont pas différents de la réalité; ça reste un espace public. Ce qui arrive, c’est que les gens ont l’impression qu’ils ont plus de liberté et peuvent en dire plus. Ils pensent qu’il s’agit d’un espace privé. Or, c’est faux. Tout le monde peut voir ce qui est écrit. Les gens s’en rendent compte bien vite, à leurs dépens. S’ils donnent leur opinion sur un sujet qui déborde de leur champ de compétence, ils vont se le faire dire », soutient M. Roy, en citant l’exemple de Pierre Sormany, journaliste et ex-directeur des émissions d’affaires publiques à Radio-Canada qui a été reconnu coupable de diffamation, après avoir publié par mégarde un message « privé » sur son mur Facebook.

Selon lui, il est illusoire de croire qu’avoir différents comptes ou profils permet de faire une distinction entre son rôle professionnel et sa vie privée.

« Il reste qu’il s’agit de la même personne. Dans les deux cas, il s’agit d’un espace public. Si un élu tenait des propos déplacés sur une page privée, il se ferait ramasser pareil », souligne M. Roy.

Il considère néanmoins que l’usage des médias sociaux s’inscrit dans une démarche de transparence, avec ses avantages et ses inconvénients.

« Si tu te trompes, tu te trompes publiquement. Ça fait partie de la game », illustre-t-il.

Les règles de bases s’appliquent donc dans l’univers virtuel. Comme on le dit souvent, « n’écris rien que tu ne voudrais pas que ta mère lise »!

Toutefois, même si l’on doit faire attention à ce que l’on écrit et comment on l’écrit, il est important de conserver sa touche personnelle, estime M. Roy.

« Si on prend l’exemple de M. Ferrandez, il y aurait des questions à se poser s’il était plus prudent sur les médias sociaux. Ce serait louche. C’est quelqu’un de vrai, il est tel qu’il est dans la vraie vie et c’est ça qu’on veut. C’est ça que les gens recherchent. »

Voici les trois erreurs les plus souvent commises sur les médias sociaux, selon Jean-Hugues Roy:

- Utiliser les médias sociaux uniquement pour faire son auto-promotion

- Ne pas répondre aux questions et commentaires des gens

- « Laisser mourir » son compte en ne l’alimentant pas suffisamment

 

Pour en savoir plus:

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