Présence de grands bâtiments industriels, concentration accrue d’artisans et important potentiel de développement; l’est du Plateau et le secteur Saint-Viateur partagent plusieurs similitudes. Devrait-on appliquer la « recette du Mile End » pour revitaliser la zone située à l’est de l’avenue Papineau?

Dans le cadre de l’Étude économique de la zone d’emploi du Plateau-Est, réalisée par le Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud – Plateau-Mont-Royal, les entrepreneurs ont indiqué vouloir y créer un milieu de vie et avoir accès à davantage de petits commerces de quartiers, pour « s’approvisionner et se divertir près de leur lieu de travail ».

Si ce modèle semble avoir fait ses preuves dans le Mile End, il est plus difficile à implanter dans l’Est du Plateau, estime Marie-France Bellemare, agente de développement économique local pour le secteur du Plateau-Mont-Royal à la CDEC.

« Le tissu économique est assez différent de celui du Mile End. Le territoire est plus étendu et on pourrait difficilement reprendre la même formule. Demain matin, je n’encouragerais pas quelqu’un à aller ouvrir un commerce au coin des rues D’Iberville et Marie-Anne. L’achalandage y est moins évident que dans Saint-Viateur Est. Un café ne pourrait pas répondre, à la fois, aux clientèles des zones Rachel/D’Iberville et de Masson/De Lorimier C’est trop loin », fait-elle valoir.

Elle souhaite plutôt miser sur les ressources déjà présentes dans le quartier, notamment sur la portion est des avenues du Mont-Royal et Laurier ainsi que sur l’avenue Papineau.

« La question des liens avec les commerçants pourrait être approfondie et j’ai déjà commencé à en parler avec la Société de développement de l’avenue du Mont-Royal. On va voir si des restaurateurs sont intéressés à développer une offre de service pour les travailleurs du secteur », annonce Mme Bellemare.

Un créneau pour l’Est du Plateau?

Afin que la zone qui borde la voie ferrée se distingue des autres secteurs d’emplois, il est important qu’il ait sa « propre couleur », ajoute Mme Bellemare.

« Les nombreuses petites entreprises regroupées dans de grands bâtiments, ça amène une diversité d’expertise et de créativité. On croit que ça peut être un avantage pour les entrepreneurs. »

À l’inverse, la présence de terrains plus vastes en bordure de la voie ferrée du CP et la proximité de l’École des métiers de la construction et de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie pourraient donner lieu à la création d’un pôle de fabrication, de transformation du bois et de construction. Or, la cohabitation de ces deux créneaux peut s’avérer compliquée.

« En termes de densité d’emplois, ce n’est peut-être pas l’idéal, mais je crois que ce serait dommage que l’on n’utilise pas la tranche de terrain en bordure du CP pour des entreprises qui ont des activités un peu plus dérangeantes. On sait que l’on n’accueillera jamais de grosses entreprises, mais pour d’autres, ça peut être avantageux », plaide Mme Bellemare.

Elle souhaite donc créer consolider cette industrie en établissant des partenariats entre les différentes écoles de métiers et les entreprises œuvrant déjà dans ce secteur d’activité.

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